Voir Thur., Pron.fr., t. I, p. lxxx
12. Le catalogue de Paul Vaillant, dans le Slrand, en face de Southampton Street, nous donne quelques indications intéressantes (le livre à la suite duquel il fut imprimé porte la date de 1765).
Voici d'abord des Grammaires: A new Ro^al French Grammar, bv John Palairet (7*^ éd.); — A new Grammar of the French Tonguc, by M. Rogissart ; — (Palairet avait publié aussi une Nouvelle Méthode pour apprendre à bien dire et à bien orthographier le français).
Bourgelat (trad. par Déranger); Emile de J.-J. Rousseau (trad. par Nugent).
Autres livres pédagogiques. — Il convient de joindre aux livres dogmatiques une collection d'ouvrages de lecture, tels que Les Amusements sérieuj: et comiques pour l'usage de ceux qui se proposent d'apprendre le français ou l'anglais, publié en deux langues à La Haye, en 1719'.
Au mois d'octobre de l'année 1728 parut à Londres le premier numéro d'un journal dont l'objet était de faciliter l'étude du français'. M™* Leprince de Beaumont imagina mieux^. Si le Nouveau Magasin français n'est pas exclusivement pédagogique, et ne peut pas être considéré comme le premier journal d'éducation, ce «Magazine », sur le type duquel on en a tant fait depuis, n'en a pas moins contribué, directement ou indirectement, à entretenir plusieurs générations dans la pratique de la lecture française. 11 eut, même sous sa forme française, de très nombreuses éditions, ce qui signifie qu'il avait une grosse clientèle. Les Contes moraux, que M™^ de Beaumont donna ensuite (1773)^, se répandirent aussi dans le monde des «jeunes personnes».
L'ouvrage dont le nom rappelle volontairement celui à' Emile, de M™* d'Epinay (1774), œuvre d'une mère, obtint de même un franc succès. M™* de Genlis vint à la rescousse avec Adèle et Théodore (1782) et les Veillées du Château (1784). Les Lettres du Marquis de Roselle de M""" [Elie de Beaumont] furent aussi très appréciées en Angleterre''.
Assurément toute cette littérature fut traduite en anglais, mais on la lut aussi dans la langue originale. Et dans un pays aussi épris que l'Angleterre des Contes Moraux, il est certain que Berquin et toutes les Berquinades étaient une des plus solides colonnes du temple où se pratiquait le culte du français.
i. Amusemenls serious and comlcal ; or a new coUeclion of bon-mots,... pleasant talcs and comical adventures ; for tlie use of sucli as design to learn citlicr Frcnch or English ; Eng. and Fr. , The Ilague, 1719, in-8". Dédié à Merril fils.
2. Voir le Flyiiuj Post..., dontlc premier numéro parut le 8 octobre.
3. M'"® de Beaumont enseignait en Angleterre. L'auteur du Nouveau Ma(jasin Jrançois dit à la fin des n"^ de 1751, dans un Avis: L'auteur du Magasin enseigne aux jeunes demoiselles le français, l'écriture, rarithmélique, la géographie. Elle montre l'histoire, et donne aux jeunes personnes une méthode facile pour retenir leurs lectures et en tirer du fruit. Elle forme le style épistolairc, et accoutume les enfants à écrire et à s'exprimer en fermes clairs et précis. Depuis trois ans qu'elle exerce ses talents, elle a forme, dans tous ces genres, des écolièrcs qui font honneur à ses soins (dans Ilatin, Bibl. de la Pr., p. 47, col. 1).