Cf. Fuciis, art. cit
3. En {~'6r> le Brulus traduit a>ait eu du succès (Pœllnitz, Lelt. etMém., Amsterd., 4737, t. III, p. 330). 11 est vrai qu'on pou\ait applaudir surtout ce qu'il y a^ait de « républicain », c'est-à-dire, aux yeux du public, d'anli-français, dans la pièce.
j. Gibbon, Lett. à Ilolroyd, 1S janv. i77(). Trad. Marignié, en V, Œuu., t. 11, p. 28r>, note de la traduction.
place bien misérable dans le recueil de Le Texier^ : parmi les soixante et une pièces que renferment ces douze volumes, il est représenté seulement par Le Bourgeois Gentilhomme, V Amour médecin et Les Précieuses Ridicules; encore ces trois œuvres sontelles toutes dans la dernière série (1799). En revanche, le premier volume s'ouvre avec la populaire Partie de Chasse de Henri IV. Le Barbier de Séç>ille, Le Mariage de Figaro, et même La Mère coupable voisinent dans la première série avec les drames de Mercier, les comédies de Beaunoir, les proverbes de Carmontelle et d'autres œuvrettes de la même époque.
La tragédie, même celle du xviii" siècle, n'y figure absolument pas. Il est visible que le choix des pièces visait bien moins à faire connaître des textes ayant une valeur d'art que des spécimens d'une langue aussi voisine que possible de la langue parlée à l'époque. Au point de vue des relations intellectuelles, on peut regretter que notre littérature ait été représentée par des œuvres de qualité fort inégale, et souvent par des produits inférieurs; mais, pour ce qui regarde la propagation du français lui-même, il est permis de se demander si Le Texier n'exerça pas une action assez efficace.
1. Recueil des pièces de Ihédlre lues par M. Le Texier en sa maison ... à Londres, chez T. Hookham, libraire, dam Bond-streel, au coin de Brulon-street. — La première série comprend huit volumes in-8° ; les trois premiers paraissent en 1785, les trois suivants en 1786, les deux derniers en 4787. La deuxième série comprend les quatre volumes parus en 1799. La table des douze volumes a été dressée par A. Rondel et Tli. Lascaris dans le Bulletin de la Société de l'Histoire du Tliéàtre (nov.-déc. 1910, pp. '210 à 214).
Difficulté de s'en rendre compte. — Il est impossible de savoir combien de gens dans n'importe quel pays avaient la connaissance du français et jusqu'où allait cette connaissance. En ce qui concerne l'Angleterre, les chances d'erreur de celui qui prétendrait faire une enquête seraient plus grandes encore que partout ailleurs.
Non seulement l'Anglais n'aime pas parler une langue étrangère, comme Pœllnitz le remarquait déjà*, mais il ne laisse pas voir volontiers qu'il la sait, et, pour peu qu'il ait conscience de n'en être pas absolument maître, il se réfugie dans le silence.
On connaît les plaisantes confessions d'Addison, débarqué à Paris : « Mon arrivée n'a pas été moins incommode; je n'y voyais pas une figure, je n'entendais pas un mot que j'eusse rencontré auparavant; de sorte que mes compagnons les plus agréables étaient les statues et les tableaux, dont beaucoup sont très remarquables, mais qui se recommandaient particulièrement à moi, parce qu'ils ne parlaient pas français, et avaient une qualité de premier ordre, rare à rencontrer en ce pays, celle de n'être pas trop bavards » -.
L'araour-propre, la crainte d'être pris en faute sur une délicatesse d'expression, préoccupaient jusqu'à un Walpole, qui pourtant savait très bien notre langue ^ Il avait toujours cultivé plus ou moins l'amitié de nos ambassadeurs, de Guerchy, Mirepoix, le duc de Nivernais ; il recevait chez lui les Français du bel air, et s'exerçait à bien parler leur langue.
Au moment où il pense aller en France en septembre, il s'entretient avec le duc et la duchesse de Berwick, et juge leur français fort méchant (wicked). Au moment de repartir pour la France, il s'inquiétait de l'effet qu'il allait faire auprès d'une Madame d'Aiguillon, ou d'une Madame Geoffrin, avec son soi-disant mauvais
l « La plupart [des Anglois] savent le François et l'Italien : mais ils n'aiment point à parler les Langues étrangères, et lorsqu'ils le font, c'est par nécessite ou par contrainte » (Pœllnitz, Lell. et Mém., AmsI. 4737, t. III, p. 334).