P. Yvon, Walpole, p
jargon ' n I do feel ashamed », écrit-il. Il est tout honteux d'avoir dû ou cru devoir cesser une conversation que la Reine lui avait fait la faveur de lui accorder-. Quand chez M""^ Du Deffand on relève ses fautes de grammaire, il prend le parti de rire, mais non sans un secret dépita Sans vouloir me rabaisser, disait-il, le désavantage de parler un langage pire que celui du moindre idiot que l'on rencontre, est insurmontable; le plus stupide des Français me semble éloquent, et me laisse embarrassé et ennuyé^.
Ces pudeurs empêchaient de se rendre compte des capacités de ceux même qui venaient en France '. A plus forte raison les renseignements sur ceux qui restaient dans leur ile sont-ils pauvres et fragmentaires.
Diversité d'après le rang social. — La seule chose qu'on puisse affirmer sans crainte d'erreur, c'est que, comme partout, la connaissance du français était d'autant plus répandue qu'on montait plus haut dans l'échelle sociale. Les Rois et la Cour étaient polyglottes par définition'', les ambassadeurs par état, l'aristocratie par tradition et par souci de sa dignité '.
La plupart des Anglais cultivés, dit Collins, étaient familiers avec la langue de Racine et de Molière. En fait, il est exact que partout où il allait. Voltaire rencontrait, outre des compatriotes, des Londoniens, qui pouvaient causer avec lui en français. Chez Bolingbroke il n'entendait probablement parler que cette langue, car lady Bolingbroke ne s'exprimait que très rarement en anglaise
Il ne semble pas que le nombre des Anglais qui avaient étudié le français ait diminué dans la suite du siècle. On nous a conté avec détail le séjour de Montesquieu et de Rousseau. Montesquieu se lia intimement avec le duc de Richmond et le duc de Montagne, avec lesquels il passa, dit-il, les plus heureuses heures de son existence ; avec Carteret, qui devint plus tard comte de Granville, avec