Letl. VU, p. 311; Ib., p. TO(î
3. Lell. (3 oct. 1765, à Conwav. Ih., p. 71H. i. Lelters (Oxford, 1904), t. VI, p. 306.
o. Les jeunes Anglais qui vont en France, dit Moore, évitent de parler une langue qu'ils ne possèdent pas à la perfection (Lell. X, t. I, p. 59 ; cf. p. 63-64 et la suite). *
6. Le jeune Duc de Cumberland, second Fils de Leurs Majestés... est fort adroit, et apprend avec une grande facilité. Il parle l'Anglois, l'Allemand, le Latin et le François .. il n'a pas encore treize ans accomplis (Pœllnitz, Lelt. et Mém., Amsterd., 1737, t. III, p. 324-3-25).
7. Bolingbroke a mérité ce compliment de Voltaire : « Je n'ai jamais entendu parler notre langue avec plus d'énergie et de justesse » (Corr., Lett. à Thir. du 2 janv. 1722, dans AUou, o. c, p. 169).
8. Collins, Volt., Mont... en AwjL, trad., p. 17. Nous avons d'autre part de nombreuses preuves de la connaissance approfondie du français que possédait Falkcnaer (Ib.).
Histoire de la lan.jue française. VIII. 18
274 HISTOIRE t)E LA LANGUE FRANÇAISE
Charles Yorke, fils du lord chancelier Hardwicke, avec André Mitchell, le futur ambassadeur à Berlin..., avec Martin Folkes, viceprésident de la Royal Society \ C'est évidemment dans notre langue que tous ces gens s'entretenaient avec lui. Les renseignements de ce ffenre sont assez abondants. Grosley, qui ne savait pas un mot d'ano-lais. M""' Du Boccage et E. de Beauraont, qui l'entendaient assez mal, ont pu se promener partout à leur aise sans ditiiculté et se faire expliquer bien des choses. L'abbé Morellet, lui aussi, a fréquenté nombre d'Anglais, il n'a pu leur parler que sa langue, puisque, dans une lettre du 26 juillet 1779, il annonce qu'il va tâcher d'apprendre à balbutier un peu l'anglais : « Je me sais bien mauvais gré depuis longtemps de ne savoir guère que le lire, dit-il » '^
On voit dans les villes d'eaux les cercles d'élégants s'amuser à de petits concours. Le français y est admise Courtoisie sans doute, pose aussi. Le fait a pourtant sa valeur.
Ai-je besoin d'ajouter que rien ne serait plus périlleux que de généraliser en cette matière ? Dans une même classe sociale, dans des groupes analogues, outre que tout changeait d'une ville à l'autre, d'un individu à un individu, des différences, qui allaient jusqu'à une complète opposition, se marquaient. Prenons les « barristers », qui n'étaient plus obligés de manier les manuels barbares de droit en français anglicisé. Les uns avaient appris le français, les autres non. « Aux audiences des deux bancs et de l'échiquier à Westminster, raconte Grosley, qui avait voulu rendre visite à ses confrères, je me plaçai parmi les avocats, et, parlant françois à mes deux voisins, ni l'un ni l'autre ne l'entendoit ; l'un d'eux se leva et m'amena à sa place quelqu'un de ses confrères, qui, parlant ma langue, m'expliqua de son mieux tout ce qui se disoit et se faisoit ». Et le narrateur ajoute cette phrase instructive : Aux spectacles, j'avais les mêmes ressources.
A QUELS CERCLES SE BORXAiT l'initiatiox. — Nous savous qu'ou dissuada François de La Rochefoucauld d'aller à Bristol : on y parlait trop français. Peut-être, mais il semble bien, malgré ce que nous avons dit plus liaut du soin qu'on prenait de faire apprendre notre langue aux enfants dans le grand commerce, que les gens qui