‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 218 sur 595 · Lell. à Lord Skelburne, p · texte numérisé non relu

Lell. à Lord Skelburne, p

3. A Batlicaston s'organisent des jeux poétiques. Parmi les laborieuses bagatelles présentées figurent deux piécettes de M. Du Tems (probablement le diplomate Louis Du Tens), l'une intitulée : La Belle Assemblée au château de Balheasion. l'autre L'Amour jouant au piquet avec Glycere, traduction assez fidèle d'un [lassage de Lyly, dans Campaspe, act. III, se. v). Cf. Barbeau, Une ville d'eaux anglaise au XVIIl'^ s. Paris, 4904, p. 23-2.

« étaient dans les affaires « ne le possédaient en s^énéral point. C'est, à mon sens, un assez mauvais signe que Pastlett Wayle ait dû traduire à leur usage le Dictionnaire du Commerce de Savary'. Les glands marchands, les seuls qui pussent tirer profit de cet ouvrage savant, étaient donc incapables de le lire dans le texte, qu'un éditeur espérait du profit à leur en donner une version !

La contradiction est peut-être plus apparente que réelle. Dans la classe commerçante, il n'y avait aucune tradition qui imposât l'étude du français. Mais, au fur et à mesure que le rôle international de cette langue grandissait, on en comprenait l'utilité et les pères y mettaient leurs enfants.

Dans les milieux du théâtre et des lettres. — Changeons de milieu et considérons d'abord le monde du théâtre. On cite toujours 1 acteur Garrick pour sa connaissance parfaite du française Combien de ses partenaires anglais en savaient autant?

Un monde nous intéresse particulièrement; c'est celui des gens de lettres. Pendant les premières années du siècle, nous en avons des témoignages, on tint visiblement h rester en communication directe avec la pensée française. Le « Journal littéraire » de 1717 le dit formellement. Il se trompe grossièrement, quand il espère voir la poésie anglaise se régler sur les modèles français, et aussi quand il affirme que le goût de notre langue va croissant, mais il a raison de croire que tel écrivain qui ne la parle pas est capable de lire et de comprendre nos œuvres ^

1. Universaî Dictionary of Trade and Commerce. Aucune Préface n'explique les intentions du traducteur.

2. « Il savait le français presque aussi bien que M. Suard l'anglais; et c'était entre eux des parallèles continuels des deux langues et des deux théâtres » (Hedgcock, Garrick, p. 116).

^Ime Riccoboni avait épousé un pauvre acteur qui était le fils de Louis Riccoboni. Quoi qu'il en soit, elle écrivit à Garrick des lettres moitié en anglais, moitié en français. Elle emploie les mots français comme termes de flatterie, peut-être plutôt, car l'anglais lui sert aussi à flatter, pour faire de doux reproches (cf. Clémence Parsons : Garrick and his Circle, p. 304). Ceci montre que M™'^ Riccoboni considérait Garrick, le destinataire de ses lettres, comme capable de comprendre la langue française, même dans des nuances assez subtiles.

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