‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 23 sur 595 · Id., ib., p. o · texte numérisé non relu

Id., ib., p. o

6. O. c, p. .3i-o3. Sur Fénelon en Hongrie, cf. la dissertation hongroise d'A. Kozma (Pécs, 1932) sur une traduction hongroise, en vers, de Télémaque au wiii^ siècle, — mais qui n'a pas été faite d'après l'original français.

LE FRANÇAIS EN HONGRIE t9

Amadé, sur Paul Râday, l'ambassadeur de Râkôczi, Mikes, lui, vint à Paris, avec son prince, et comme lui emporta dans l'exil le souvenir de Paris et de Versailles, avec une empreinte de l'esprit français et de l'entourage de M""* de Maintenon. Cette empreinte est nettement marquée dans les Lettres de Turquie^ Il recommandait de s'appliquer à notre langue, de laquelle il traduisit de nombreux ouvrages de piété. Des Journées amusantes de Madeleine Gomez, née Poisson (1684-1770), il tira encore une œuvre d'édification.

Quelque chose du théâtre français s'infiltrait sur les scènes des Piaristes; Sganarelle, VAvaie, sont connus de Simai. D'autres ont lu des pièces de Racine et de Corneille.

Quand la principauté transylvaine eut disparu de la carte, l'esprit resta et une de ses formes traditionnelles était l'attachement aux choses françaises. C'est là que jouèrent les premières troupes françaises qui pénétrèrent en pays hongrois. La noblesse se divertissait, dit Kont, en représentant nos comédies dans le texte original. « Les Haller, les Teleki, les Bethlen, les Josika, les Bàroczi et les Barsay, bref, les familles les plus illustres... y maintenaient le goût des lettres françaises » ^

Au xviii'' SIÈCLE. L'École française. — Les historiens de la littérature hongroise datent de 1772 la renaissance des lettres et l'attribuent à un groupe qu'ils appellent l'École française. Les années de silence n'avaient pourtant pas été des années de mort. Des changements décisifs se préparaient, Marie-Thérèse ne les a pas voulus ni désirés, elle les a causés néanmoins. J'aurai l'occasion de parler ailleurs des changements survenus à Vienne, à la suite du mariage de François, duc de Lorraine, avec la Reine.

Les Magyars qui viennent alors à la Cour y tombent en plein milieu francisé. Une garde hongroise a été créée. Elle s'imprègne d'une atmosphère française. Quatre ans après la formation de cette garde, un écrivain disait : « Les nobles se précipitent sur les langues étrangères, le hongrois leur est ennuyeux; même s'ils le savent encore, ils rougissent de s'en servir» ^ Celle de ces langues qui dominait, c'était la française. Les Allemands sont devancés, et à

1. Publiées seulement en 1794. Sur Mikes, son séjour à Paris, ses rapports avec la vie intellectuelle française et nos grands épistoliers, voir l'étude hongroise de B. Zolnai, Mikes es a franczia szellemi élet, Budapest, 1923.

'2. Combien le français était cultivé en Transylvanie à cette époque, c'est ce que prouve le livre que la comtesse Séraphine de Ballhyâny a traduit de l'italien en français pour le rendre accessible au public féminin: Pensées inslractiues..., 1787. Kont, 0. c, p. 454.

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