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CHAPITRE VII INFLUENCE SUR LA LITTÉRATURE

L'ÂGE DE l'indépendance. — Il ne m'appartient pas de rechercher quelle influence la connaissance de notre langue, en portant les auteurs anglais à la fréquentation des nôtres, a pu avoir sur le développement de leur esprit et le caractère de leur style. L'étude de ces sortes d'actions appartient à l'histoire littéraire.

Disons seulement brièvement que l'âge de l'indépendance était venu. Nos classiques étaient toujours considérés avec respect ', mieux encore, lus et même imités ; ils ne faisaient plus loi ^ On le sentit dès les premières années du siècle, nous l'avons montré. Il eût fallu pour soutenir l'empire de l'art français autre chose que les publications d'œuvres posthumes de Bossuet ou des lettres de M""^ de Sévigné, surtout en présence du réveil des années 1712-1713.

Or justement, si on met à part quelques survivants du grand siècle, comme Fontenelle ou Fénelon, et quelques jeunes gens qui annonçaient l'âge nouveau, le prestige de la France diminuait^ Mais cela ne dura pas. Les premières productions de Voltaire, les romans de Lesage, les comédies de Marivaux eurent un succès retentissant outre-Manche\

1. Exact Racine, and Corneillc's noble fire, Sliow'd us that France had something to admire (Pope, Sat. V, v. 27i-27o).

2. Thomson se proposait d'observer les règles précises et exigeantes de l'école française : unités de temps et de lieu, choix de sujets historiques et de personnages princiers, exposition du sujet par un récit, importance des discours, absence de toute action violente sur la scène. Mais il voulait assouplir le cadre trop inflexible de la tragédie classique, y faire une place, à côté du drame des passions, aux surprises, à l'attente, aux émotions d'une intrigue ingénieusement nouée et déliée (Morel, J. Thomson, p.602).

Sur l'influence exercée par les dramaturges français, voir aussi Ward, ErKjl. Dramatic Lit., t. II, pp. io4-47.T.

3. Notons cependant, comme l'a très bien montré A. F. B. Clark, dans son étude SUT Boileau en Anyleterre (l9îlo), que l'apotiiéose de Boileau se place entre ITli et 1746; si on commence à mettre Pope bien au-dessus de lui comme poète, son Arl poétique, adapté toutefois à l'Angleterre, continue d'exercer une grande influence.

D'autre part de son Lutrin procède toute une lignée de productions héroï-comiques. Voir Audra, Reu. de Litt. camp., igSô, t. VI, p. 162.

4. « On m'a bien demandé des nouvelles du père de Marianne et du Paysan parvenu; vous savez dans quelle faveur sont les Voltaire et les Montesquieu » (Yvon, Les Fr. et la Société anglaise au XVI 11^ s., Rev. Ens. l. viv., 1912, pp. 270-272).

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