Id., ib., pp. 241, 2o3, 276, 284, 296, etc
sur les discussions auxquelles donna lieu la publication de l'édition anglaise par Henley', l'auteur que nous suivons, qui a conté le dépit qu'eut Beckford de voir sa volonté méconnue, n'ait pas cher ché à découvrir les raisons profondes pour lesquelles Beckford avait écrit en français. 11 paraît vraisemblable qu'il a trouvé plus simple et plus naturel de rester en contact avec ses sources : Herbelet, Ricard, etc.^..
Gibbon. — Il était à Lausanne, en plein milieu de langue française, quand il composa V Essai sur l'étude de la littérature (1761), qu'il publia ensuite en Angleterre. Comme tant d'autres, il acceptait que le français devînt la langue universelle, et c'est sans doute pour cela qu'ambitieusement il lui confia son œuvre ^. Ses motifs sont ceux qui avaient jadis déterminé De Thou à choisir le latin. Il s'en est expliqué formellement : « J'aurais évité quelques clameurs antifrançaises, à\\.-'\\, si je m'étais tenu au caractère plus naturel d'auteur anglais... Mon vrai motif était plutôt l'ambition de la réputatation nouvelle et singulière d'Anglais réclamant un rang parmi les écrivains français. Dans les temps modernes, le langage de la France a été répandu par le mérite de ses écrivains, les manières sociables des naturels, l'influence de la monarchie et l'exil des protestants. Plusieurs étrangers ont saisi l'occasion de parler à l'Europe dans ce dialecte commun, les Allemands peuvent se prévaloir de l'autorité de Leibnitz et de Frédéric, du premier de leurs philosophes et du plus grand de leurs rois. Un juste orgueil et un louable préjugé anglais ont mis opposition à cette communication d'idiomes, et de toutes les nations de ce côté des Alpes mes compatriotes sont ceux qui ont le moins d'usage du français, et qui s'y perfectionnent le moins. Sir Will. Temple et lord Chesterfield ne s'en servaient que par devoir de civilité ou par raison d'affaires ; et leurs lettres imprimées ne seront pas citées comme des modèles de composition. Lord Bolingbroke a bien publié en français V Esquisse de ses réflexions sur Ve.cil, mais sa réputation n'a plus pour fondement que cette galanterie de Voltaire : docti sermones utriusque linguoe ; or la Dédicace en anglais de la Henriade à la reine Charlotte, d'autre
1. Marcel May a donné dans son chaj). iv un Examen des premières éditions.
1. "Voir quelques allusions, 76., p. 38-2. Divers indices permettent du reste de se demander s'il n'a pas été aidé par Sébastien Mercier.
3. Gibbon, dit Garât, est, après Hume, celui de tous les écrivains anglais qui a le plus séjourné en France; il n'entendait pas seulement notre langue, il la parlait avec facilité, il l'écrivait avec assez de correction et d'élégance. C'est en français qu'il faisait assez souvent ses e.vtraits, qu'il se rendait compte de ses lectures de ses jugemens sur les anciens, de ttul ce qui lui fournissait les matériaux de son liistoire (Mém , t. II, p. 190). Comparez Baldensperger, Univers., p. 40.