Voir GauUieur, o. c, p
4. Pourtant il fut incapable d'apercevoir les fautes qu'une traductrice, M"* Octavie Belot, avait faites dans une traduction de ses œuvres historiques (Mertz, o. c, p. 661). Sur son succès dans les salons de Paris, voir Collins, Volt, en Angl., p. 188.
o. Voir Collé, Journ., t. III, p. 23.
6. Ceci achèverait de prouver qu'il était exempt de toute prévention. Mais l'Exposé succint de la contestation qui s'est élevée ent-e M. Hume et M. Fiousseau est une traduction due à Stuard et d'Alembert.
7. Gaullieur, o. c, p. 99, et Gibbon, Miscellaneous Works. Dublin, 1796, t. I, p. 133-134.
8. J'hésite à mettre ici Rutlidge, gentilhomme anglais, bilingue, dont nous reparlerons ailleurs.
Lord Chesterfield et Walpole. — J'ai dit plus haut que ces deux grands épistoliers ont écrit la plupart de leurs lettres en français, et leur succès autorise à croire qu'ils étaient en cela poussés et soutenus par un goût qui n'avait rien d'un pur instinct. Roger Coxon ' a appelé avec raison l'attention sur une certaine quantité de lettres écrites en français par lord Chesterfield à différents correspondants. Ces lettres, dont quelques-unes inédites, montrent combien l'auteur avait l'habitude de notre langue et avec quelle virtuosité il savait la manier. En particulier, nombre de lettres à M™* de Monconseil (3 mai 1753, 10 janvier 17oo, 25 décembre 1735, par exemple) atteignent à une véritable perfection, non seulement par la correction de la langue, mais par la qualité du style. Toutefois il faut remarquer qu'il reste là dans les lieux communs de la politique, de la vie mondaine, de l'éducation, de la santé.
Walpole lui est en ce sens supérieur. Son horizon est plus vaste, ses sujets plus variés ; il décrit et avec un sentiment très vif du pittoresque. Sa correspondance avec M""* Du Deffand est un vrai monument du genre épistolaire. Elle fait partie intégrante de la correspondance delà grande dame, qui eut pour lui une amitié amoureuse. Le sujet exigeait de singulières délicatesses. Walpole sait se montrer réservé, cruel même, sans jamais cesser d'être svmpathique et de laisser apercevoir ses émotions profondes, quoique voilées. Aussi bien que le prince de Ligne ou Frédéric II, il s'est classé en bon rang dans notre littérature, tout près des grands écrivains. Sa prétendue ignorance, quand il écrit à Voltaire (21 juin 1768), n'est que modestie. L'esprit de M"'** de Sévigné avait pénétré en lui-.