‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 233 sur 595 · Id., ib · texte numérisé non relu

Id., ib

i. L'élégance dans la structure des phrases et une pureté excessive du langage, qui

de Bolingbroke n'avait-elle pas déjà subi cette même influence ? ' Deux textes semblent résumer les idées anglaises sur le sujet ; tous deux sont empruntés aux principaux protagonistes du français en Angleterre. L'un est de Chesterlield et date de la fin de Ihîver I 7o4 (28 novembre-5 décembre). Il est contenu dans les numéros 100 et ICI du (( Monde », numéros fameux, car ce sont ceux où Chesterlield félicitait Johnson du travail d'épuration dont nous parlerons plus loin. L'anglais, y disait Cliesterfield en substance, est fréquemment parlé, et presque partout compris en Hollande ; il est aimablement accueilli dans les parties civilisées de l'Allemagne, et étudié comme une langue savante, quoique peu parlée par tous ceux qui ont ou prétendent avoir quelque savoir. On lit ici entre les lignes les espoirs de l'auteur dans l'avenir de son idiome.

L'autre texte est pris à une lettre écrite en anglais au duc de Nivernais le 6 janvier 1783 par Walpole. Il y est question de la traduction en français de VEssai sur les Jardins, que Nivernais avait faite lui-même et réussie au gré de l'auteur. Nous avons parlé de sa correspondance en français ; éditeur et imprimeur d'ouvrages français, Walpole a pris une part active à la diffusion de notre langue par le livre comme par la parole, et ceci dune manière plus pratique et plus efficace que n'importe qui ; l'intérêt qu'il porte aux monuments qui font la gloire de la France n'est pas moindre. Ce n'est pas tout à fait de la fantaisie que de l'évoquer du royaume des ombres faisant les honneurs de Versailles, de la Cour de France, et indiquant les avenues qui mènent vers Paris et la province. Or il faisait sur la supériorité du français en soi toutes sortes de réserves, nous venons de le marquer. Si, dans la lettre dont nous parlons, toute politesse mise à part, il se déclare en pleine sincérité ravi d'être mis en français, les phrases suivantes révèlent son sentiment : « Un auteur carthaginois, dit-il, n'aurait-il pas senti de l'orgueil d'avoir son ouvrage rendu ainsi familier à Rome par la plume d'un Scipion »? Et Walpole donne au duc la raison dernière de sa reconnaissance : « Vous m'avez fait parler la langue universelle ».

signalait la littérature française contemporaine, étaient spécialement inculquées par les Jésuites, maîtres de l'éducation française. L'histoire de Hume montre assez l'influence française pour nous autoriser à considérer sa longue visite à La Flèche comme un facteur important dans son caractère (Camhr., Hist. o/E. Lit., t. X, p. 283). t. Ib., t. IX, p. 233.

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