Id., ib., p. t
/*. Id., ib., p. ill.
5. Kont (o. c, p. 114) reproduit un curieux jugement de Kazlnczy : « C'est Bârôczy qui fit sentir le premier que nous avancerions si nous le voulions. . . Bessenyei, qui emploie
connu surtout par son adaptation des Contes moraux de Marmontel; c'est lui qui, dans la Défense de la langue hongroise (1790), devait dire leur fait aux intransigeants du latinisme. Grâce à lui nos romans vont être considérés comme une école de naturel, de goût et de... haute moralité! Baculard d'Arnaud et J.-J. Rousseau se partagèrent la gloire d'attendrir les cœurs sensibles.
Autres écrivains. — Ce n'est plus un soldat de la garde, mais un pasteur que Jos. Pétzeli (1750). Parmi les nombreuses langues qu'il avait apprises, le français tenait un bon rang. A Genève déjà, où il étudiait, il avait commencé à écrire des vers français' (1781), à la gloire de Joseph II, et le comte Teleki lui faisait l'honneur de le remercier. 11 mit en hongrois les tragédies de Voltaire, qui purent être jouées par des troupes hongroises. C'étaient les premières (1789-1790). En 1786, il avait fait une version de La Henriade. Toutes ses traductions furent envoyées aux grands seigneurs avec des lettres. Celles-ci sont souvent rédigées en français". Pétzeli y plaidait la cause de la langue nationale, en même temps qu'il la défendait par son œuvre. Le chancelier Charles Pàlffy lui répondit par une lettre, imprimée dès l'époque, où il le remerciait d'avoir prouvé la valeur du magyar. Elle est écrite... en français'.
Fekete ne ressemble guère au précédent. Grâce à de pénétrantes études de Tronchon, nous le connaissons en France mieux qu'aucun de ses compatriotes ^.
Epris de La Fontaine et de Grécourt, voire de Scarron et de Chaulieu, ami de Voltaire, en correspondance avec lui depuis 1767, Fekete est le type de l'esprit léger et badin, et c'est en traduisant les Contes de son maitre qu'il s'initie à la vie politique. Depuis 1765, date de Mes Rhapsodies , il rima en français. Et pourtant il ne savait pas encore assez la langue à son gré. Il lui eût fallu sans doute l'écrire comme Voltaire pour réussir dans une tentative telle que
tout autant d'expressions neuves, effrayait ses lecteurs, car les termes les plus agrestes se trouvent accouplés aux tournures françaises. La Muse de Bârôczj est une jeune fille gracieuse et de bonne éducation dont le zézaiement même a du charme ; celle de Bessenyei est une jeune servante joufflue de l'Alfôld, à laquelle les manières apprises, les ornements dérobés à sa maîtresse ne vont pas bien n.
i. Baran.,0. c, p. 114. Zechenter traduisait non seulement Voltaire, mais Corneille et Racine (1772-1781).