Front. Unf]., t. II, p
historien, on ne peut s'empêcher de trouver qu'il a fait plus ici que forcer la vérité; il l'a, pour prendre son expression, « mise au rebut ». Marie-Thérèse, quelles que fussent ses préférences pour le français, loin de se poser en adversaire de l'idiome flamand, lui accorda non seulement une place, mais sa place'. Et après elle on fit de même, nous Talions voir. Personne, jamais, à cette époque n'a eu le parti pris d'extirper le « thiois ».
Dans l'enseignement^. — Les collèges, pour la plupart, étaient et restèrent tout latins^. Il n'y avait guère de progrès à attendre des Jésuites; ils ne pouvaient pas ouvrir la porte plus grande au français en Belgique qu'en France même et nous avons vu leur façon de suivre le progrès général.
Ce sont en réalité les Oratoriens qui tentèrent, au commencement du xviii" siècle, une réforme pédagogique importante en introduisant jusqu'en Quatrième l'usage du français comme langue véhiculaire de l'enseignement ; les leçons d'histoire durent même être jusqu'aux dernières classes données en français*.
Ailleurs encore, dans quelques collèges, on enseigna le français, ainsi au Collège catholique de Maestricht^, à Tongres, à Munster Bilsen, au séminaire de Saint-Trond, à Ruremonde^ Il y aurait à suivre dans chaque établissement les effets d'une poussée qui se faisait sentir un peu partout, mais à des dates et avec une intensité variables.
Notre dessein ici n'est pas d'exposer la lutte du latin et du français sur terre belge. Nous devons cependant une mention spéciale au livre que publia un ancien jésuite, curé du bourg de \\'ormhoudt, en 1732- 1753 : Instruction importante aux étudiants et à leurs parents (Bruxelles, Fricx). Il est bien vrai que ce « RoUin
\. Des Gressonn., o. c, p. 300.
2. Voir, outre les Hvresque nous avons déjà cités, E. Hubert, Les Réformes de Marie- Thérèse dan^ l'enseignement moyen aux Pays-Bas, Revue de l'Instruction Publique en Belgique, 1883.
3. Sur latin et français en Belgique au xviii'^ siècle, voir Félix. Nève, Mémoire historique et littéraire sur le Collège des trois langues de Louvain. Bruxelles, '1836, 4" (Mémoires de l'Académie de Belgique). A la page 349, l'auteur établit que le latin gardait sa position intacte et cite le Discours d'Arnold Genline dans ses Quaestiones quodlibeticx . Anvers, 1633.
A l'enquête de l'an IX, on pourra répondre que le département de la Dyle possède 49 collèges, dont 4"2 à Louvain même et qu'on n'enseignait le français que dans 3
miers éléments de la langue française (Arcb. Nat., Ib., dossier 29).