‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 268 sur 595 · Faber, o. c, t. I, p · texte numérisé non relu

Faber, o. c, t. I, p

3. A du Rosoy, qui lui avait offert une tragédie, Wittzhumb répond, le 3 août 1776: « C'est un genre de spectacle qui n'est pas le goût dominant de la nation... On est ici plus amateur de comique que de sérieux » (cité par Licbrecht, o. c, p. !262). Ce n'est pas là un prétexte pour éconduire un fâcheux : Une statistique portant sur trois campagnes consécutives confirme cette affirmation: de 1772 à 1775, on donne : 35 tragédies (S6 repr.), 59 comédies en 5 actes (219 repr.) et 38 comédies en trois actes (161 repr.).

4. Contre 54 opéras, joués 208 fois, 7 sujets italiens, joués 25 fois, 3 pièces italiennes en trois actes, une en un acte (Liebrecht, o. c, p. 295).

5. Faber, o. c, t. II, p. 29. Ces représentations italiennes eurent-elles du succès ? Selon P'aber, elles n'auraient donné lieu qu'à une perception de 75 il. 12 au profit des hospices, soit une movenne inférieure à 2 florins par représentation, alors que chaque représentation française rapportait plus de 18 florins. L'ouvrage de Faber contenant quelques fautes d'impression, il faut peut-être lire : 751 11. 2, ce qui donnerait une moyenne d'un peu plus de 17 florins. C'est sensiblement ce que rapportent aux pauvres les représentations de la Pompeati, en 1756; même avec cette correction, la recette serait encore inférieure à celles des représentations françaises.

6. Faber, o. c, t. I, pp. 214 et 215 ; la troi'pe Deamicis ne joue que quatre fois.

7. Premier recueil d'arielles, de duos et trios, en français et en flamand, tirés de différents opéras tels qu'on les représente au théâtre de Gand — Gand, chez les frères Gimblet, 4780 — Publication « rarissisme « signalée par Faber, o. c, t. IV, p. 255.

Cornil Pitilion (1775-1843), d'autres « factors » moins connus', continuèrent à fournir au répertoire. Dans les milieux populaires, mais probablement aussi dans certains milieux cultivés, se maintinrent de la sorte jusqu'en plein xix" siècle un art dramatique venu en droite ligne des Mystères" et le goût des représentations en langue nationale.

En même temps que des « compagnies bourgeoises » donnaient des pièces flamandes, comme le drame de J.-F. Cammaert, Baltliazar, Koningli der Chaldecn, joué à Bruxelles les 13 et 20 janvier 1738 ^ des directeurs malchanceux cherchaient de ce côté le moyen de rétablir leur situation : c'est ce que tente, en 1776, Witzthumb, flamand d'origine, et dont les deux filles chantaient aussi bien en flamand qu'en français *.

C'est en flamand que joue d'abord, en 1775, la troupe d'enfants des « Brabantsche Kinderen », avant que son directeur Bernardy lui fasse entreprendre son tour de France '. Enfin la popularité des spectacles flamands est attestée par le fait qu'ils donnent lieu à des perceptions équivalentes au titre du droit des pauvres : recettes égales, succès égal ^ Autre indice : les rivalités du personnel. On n'entend pas que les Français, ni surtout les Françaises, le prennent de trop haut ; il en résulte de violentes querelles. M"" Borremass, premier rôle flamand, et Angélique d'Hannetaire se disputent sur la scène ; Mimi Witzthumb est sifflée à son entrée par un ofiicier des gardes du corps de son Altesse Royale ; il y eut également des sifflets à Malines. On dut renoncer aux troupes bilingues : dès 1775, Franck, le collaborateur de Witzthumb à Bruxelles, estimait qu'il était « urgent de ne point rengager de Flamands » ".

Ne forçons point toutefois l'importance de ces faits. Les textes cités à propos de ces querelles de coulisses ne préjugent rien des

4. Sur ces personnages, voir: Bulletin du Comité Flamand de France (Dunkerque, •1863, t. III, p. 14 ; t. V, p. 167 ; t. XIV, p. 147).

2. Do 17io à 1801, les Rliétoriques auraient représenté 29 drames religieux (Anna/es du Comité Flamand de France (1860), t. V, pp. 33 et suiv.). En 4726, une ordonnance interdit à Anvers Hel Spel der Passie Christi, et à Bruxelles Het Mirakel der Mirakelen {Le Miracle du Sainl-Sacremcnt) ; mais la rhétorique de Eecke joue, en 1777, La Sainte Vie et la Mort de Saint- Jean-Iiaptiste, précurseur de Jésus-Chrisl ; la rhétorique de Caestre représente, en 1780, Le Martyre de Saint Vit et de Saint Modeste (Popeliers, Précis de l'Histoire des Chambres de Rhétorique, p. 69. — Bulletin du Comité Flamand de France, 486-2, t. II, p. 78).

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