Voir M. J. Kûntziger, Essai hist., p. o
2. Daris, Hist. du dioc... de Lihje, t. I, pp. 169 et suiv. Cf. Kûntziger, o. c, p. 110.
3. Voir Henri Francotte, Essais historiques sur la propatjande des Encydop , p. 77 : « Le Journal encyclopédique est, pour ainsi dire, l'organe attitré de Voltaire. A chaque ligne, on y sent son inspiration : le fanatisme en moins, il a les mêmes doctrines ».
Sans qu'il soit besoin d'en dire plus', on voit la place que tiennent les publications de Liège dans l'ensemble de la presse française.
Or ce ne sont pas seulement des périodiques qui y paraissent; on y publie toutes sortes de livres, dont bien des livres « subversifs »: L'Esprit, Cajidide, la Paraphrase de Voltaire sur l'Ecclésiaste, la Politique du médecin de feu La Mettrie, la Physique de l'dme humaine de Godart, etc. Naturellement il fallait dissimuler. Les imprimeurs en étaient quittes pour dater de Cologne, de Francfort, de Paris, de Londres, voire de Rome ou de Constantinople. Ce sont là précautions bonnes pour dépister la police, non les érudits. On sait aujourd'hui tout ce qui est sorti de ces presses clandestines, soutenues par des citoyens aussi riches que distingués".
Du théâtre nous ne dirons rien ici ; nous en avons traité dans le chapitre concernant les Pays-Bas Autrichiens.
La défense. — Les conservateurs luttèrent à coup de censures, de suppressions, de procès. Ils s'essayèrent aussi à des réfutations; Gilles de Légipont en risqua. Finalement Rousseau fut obligé de se retirer à Bruxelles, puis à Bouillon, où on essaya vainement de le traquer encore, et où il vécut jusqu'en 1785 ^ Toutes ces controverses profitaient, comme on peut penser, à la langue française, qui en était l'organe.
Dès 172S, à côté d'une gazette locale qui paraît trois fois par semaine, on imprime deux fois par semaine le corps de celle de Hollande^.
Or une autre lutte ne tarda pas à s'engager. Un Jésuite, venu de Nancy, Jean Louis de Coster, créa V Esprit des Jouî-naux français et étrangers en 1772. La publication fut supprimée en 1775, parce que
1. Donnons encore quelques titres: Le Journal historique et politique des principaux événements des différentes Cours de l'Europe (qui date de ITT'i, paraissait une fois par semaine, par livraison de 48 pages in-12, sous la direction d'un Jésuite, Brosius, de Luxembourg); Le Journal liistorique et littéraire (de 1773 à 179i, tous les quinze jours, impr. à Luxembourg et Macstricht. Le principal rédacteur était le Jésuite DefcUcr ; L'Abeille littéraire ou choix de morceaux les plus intéressants de philosophie, d'histoire, de littérature, etc. (1778); Le poète voyageur et impartial ou Journal en vers accompagné de notes en prose (1783).
2. Voir Ulysse Capitaine, Coup d'œil sur la presse clandestine à Liège, dans le Bulletin du Bibliophile, t. VIII, p 488. C'est ainsi que, de 1771 à 1777, Plomteux publia, sous la rubrique imaginaire de Genève, une édition complète des œuvres de Voltaire. En 1780, le même imprimeur s'associa avec la maison Panckoucke de Paris pour l'entreprise d'une réimpression liégeoise de l'Encyclopédie, sous le titre d'' Encyclopédie méthodique (Kiinl/ÂgCT, 0. c, p. 18).