tous CCS hommes furent bourgmestres
2. En tête de Li Jtesse di IloiUe-s'i-ploûl, opéra comique, on lit cet Avertissement: Les Iialiitans du village de Hoûte-s"i-PloLl osent se flatter qu'on les excusera s'ils ne parlent pas tout-à-fait la langue de la Capitale, ils demandent là-dessus grâce aux Puristes, et ils espèrent, qu'en faveur de leur zèle, ils voudront bien se dépouiller de leur sévérité ordinaire : l'on croit aussi qu'il ne se trouvera pas d'esprits assez simples pour se charger du ridicule de se faire l'application particulière d'un sujet aussi général que celui-ci {Théate ligeoi. Avertissement).
ment des terminaisons que l'étymologiste le plus exercé a besoin de toute sa sagacité pour deviner leur analogie : par exemple, ils disent lei po wei pour laissez-moi i>oir, serre l'hon pour fermez la porte. Le monosyllabe hon est le même que l'ancien mot François huis, d'où l'on a tiré le mot huissier, et l'idiotisme « à huis clos » '.
Le Gav, qui est français, pourrait être suspect. Mais il n'est point seul de son avis. Un Mémoire concurrent, le n" 19, contenait un passage sur lequel le rapporteur observe ce qui suit : « Ce qui touche de plus près à la Question, c'est une observation très-bien développée sur l'influence que l'habitude de parler l'Idiome Liégeois, peut avoir relativement aux opérations de l'esprit ; observation d'où il résulte que si la Littérature Françoise a fait peu de progrès à Liège, c'est moins encore parce qu'on n'y sait pas assez le François, que parce qu'on y parle trop le Liégeois »^
C'est dans le même sens qu'opine Ulysse Capitaine : « Ce qui manquait alors [en 1779] le plus à Liège, c'était la connaissance de la langue française qu'on possédait si imparfaitement que peu de Liégeois eussent été capables d'écrire le moindre billet sans pécher mortellement contre les règles les plus élémentaires de la syntaxe «^
On publiait, avec exposé des motifs, des dictionnaires à l'usage de ceux qui cherchent à se défaire de leurs belgismes : « L'embarras où m'a souvent réduit la diflficulté de trouver des mots François propres à exprimer mes idées, m'a convaincu qu'on rendroit un service important à ceux, qui comme moi, font plus ordinairement usage du langage Walon, que de la langue Françoise, si on leur présentoit un recueil des mots et des proverbes Walons les plus intéressants, auxquels on auroit joint les mots et les proverbes François qui y répondent. On conçoit aisément que par ce secours, on enrichiroit en peu de temps sa mémoire d'une foule de belles expressions Françoises, dont on ne peut maintenant acquérir la connaissance, qu'en fréquentant les bonnes sociétés ou en analysant quelque bon Dictionnaire, ce qui n'est pas à la portée de tout le monde. C'est pour venir au secours de ceux à qui ces moyens manquent, que j'ai entrepris un Dictionnaire Walon-François où je réunis la plupart des mots François qui nous arrêtent dans la conversation. Pour réussir dans cette entreprise j'ai lu et relu le Dictionnaire de l'Académie Françoise, j'en ai puisé tout ce qui m'a
1. Suit une longue explication sur hon et huis. Voir Voyajc philosoplùque et piltoresque sur les rives du Rhin, à Li'eije, dans la Flandre, le Brabanl, la Hollande, etc., fait en 47.S0 par Georges L'orstcr, t. 1, p. 277.