‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 283 sur 595 · III. — LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

III. — LUXEMBOURG

La lutte entre les langues allemande et française. — Il en fut dans ce pays, dont une grande partie était de langue allemande, à peu près de même que dans le reste des Pays-Bas. « En cette ville, dit Guichardin (qui a vu Luxembourg sous le règne des archiducs Albert et Isabelle), réside le Conseil de la Province, avec un Président et certains conseilliers et autres officiers, auquel Conseil on plaide en langue allemande et française, selon les lieux et villes du duché, dont les causes viennent; car il y ha la beaucoup de villes, où l'on parle alleman, comme la propre cité de Luxembourg, Arlon, Rodeniarck, Theonville ; et de plusieurs autres qui usent le français comme Ivois, Momraedi, Maruil et Danvillers ; à cause de quoy fault que les juges et leurs ministres sachent tous les deux langaisfes »'.

Il est bien certain que la prépondérance donnée au français dans les méthodes d'enseignement dut émouvoir certains de ces habitants dont la langue usuelle était l'allemand. De Luxembourg même étaient venues, dès le xvi^ siècle, des protestations^. Et quand en 1627 les religieuses de la congrégation Notre-Dame vinrent s'établir dans la ville, elles se gardèrent de donner prise à la critique et enseignèrent aux filles en allemand aussi bien qu'en française

La restauration des études dont nous avons parlé, et qui suivit la

doués d'une gaieté frivole, comme eux ils sont courageux, et je pourrois ajouter qu'ils ont comme eux cette politesse naturelle qui caractérise la nation française (G. Forstcr, Voyayc, p. 277).

1. Guicciardini (Lodovico), La description de tous les Païs-bas, autrement appelés la Germanie Inférieure, p. 4o6, cité par d'IIuart, Fondation anc. Coll. Luxembourg, p. 29. Cf. «... Cette ville [Luxembourg] est la court judiciale de tout le pavs, se servant pour plaidoyer tant du langage François qu'AIeman, selon l'usage des parties provocantes «.

^ oir Le nouvel atlas ou tliéatre du monde en 6 volumes in-folio, Amstelodami, apud Joannum Janssonium, MDCLVII, tome 2, lit. n, à l'article : Lutzembourg, cité par A. Iloudremont, o. c, p. 19.

2. Le prince de Parme, en lo82, songeait à renvoyer de Luxembourg les religieux de Saint-François, « estans au milieu de la dite ville peu servans pour le présent à ï'editfication et instruction du peuple, veu qu'ilz ne peuvent prcclier à faulte de sçavoir la langue allemande dont l'on use en la dite ville et pavs à l'environ » (Arch. du gouv., Jésuites, cart. 4, dans d'IIuart, o. c).

l-i. Van Werveke, Esq. de l'Iiisl. de l'Ens^ dans le Luxembourg, dans Recueil de Mémoires..., p. io-i6.

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