LUXEMBOURG
suppression des Jésuites, s'appliqua en Luxembourg comme dans le reste des Pays-Bas. Une place naturelle et normale fut faite à l'allemand, comme au flamand.
Le français et l'administration. — En revanche l'administration semble n'avoir guère usé que du français dans les actes. « Pendant toute la période du gouvernement autrichien-espagnol et autrichienallemand, le français, dit Houdremont', conserve sa prépondérance dans les affaires de haute administration. Les souverains, en s'adressant à leurs sujets luxembourgeois, se servent presque exclusivement du français. Veulent-ils confirmer les privilèges de certaines localités, comme le firent Philippe II pour les bourgeois d'Esch-surl'Alzette en 1577, et Charles VI pour le Luxembourg en 1715, ils le font en français ; font-ils connaître à leurs sujets leur contentement et leur reconnaissance pour les « bons et diligens devoirs que « les Luxembourgeois avoient faits et démontrés au repoussement des « ennemis » (Philippe II, 1597), ils s'expriment en langue française ; c'est par des lettres patentes en langue française que Charles II, en 4673, fait acquérir aux Justiciers et Echevins de Luxembourg la haute justice ; c'est dans cette même langue que le père de l'illustre jNlarie-Thérèse assure aux habitants du pays « sa clémence et son amour paternel pour de si bons et fidèles sujets ».
L'original des ordonnances (toutes les manifestations de la vie publique et même de la vie privée des bourgeois, comme des populations rurales, sont du domaine des ordonnances), qu'il provienne du conseil provincial de Luxembourg, du gouvernement général à Bruxelles, ou delà chancellerie de l'Empereur, est presque toujours en français. Sur les placards de publications, on faisait mettre en regard du texte français une traduction allemande ; il n'en existe pas moins, parmi les placards qui nous sont restés, bon nombre qui ne portent que le texte français -.
Les registres des Etats..., tels qu'ils sont là, nous montrent que les délibérations, les départs, c'est-à-dire les résolutions prises en assemblée générale, les réponses aux délégués du Souverain qui les avait convoqués, enfin toutes les pièces de leur administration jusqu'à l'année 1795, où les Etats cessent de fonctionner, sont exclusivement en français ^
Les mémoires adressés au gouverneur Maximilien de Bavière et au souverain Charles II en 1698, les plaintes justifiées contre les