‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 285 sur 595 · Ib., p · texte numérisé non relu

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nouveaux droits d'entrée et de sortie, entravant la liberté du commerce et détruisant du coup tous les avantages et la prospérité générale qu'avait valus au pays le régime français, sont en langue française ^

Comme corps administratif, le conseil provincial faisait toujours, dans ses débats et sa correspondance, un usage exclusif de la langue française. Il traitait en français les questions sur lesquelles il était appelé à donner son avis ; c'est en français qu'il correspondait avec Sa Majesté ou avec le gouvernement général à Bruxelles, et les rapports d'affaires de cette haute magistrature avec les Etats et le Siège des Nobles, étaient toujours entretenus dans la même langue".

Dans les procès, il semble aussi que de plus en plus, sans avoir égard à la langue naturelle des parties litigantes, les avocats n'aient plus présenté que des pièces françaises^.

Le théâtre. — Nous savons peu de chose. On a noté des passages de troupes françaises dès le xvii* siècle '*. La ville était trop proche et de Liège et des pays Rhénans pour ne pas être visitée. Pourtant elle n'avait qu'une salle très modeste, au second étage de l'hôtel de ville, où les élèves des Jésuites donnaient leurs exercices publics ; encore ne subsista-t-elle pas longtemps. L'abbé Joseph Hurt, dans une curieuse petite brochure ^ rappelle qu'elle fut accordée pour la première fois à une troupe circulante qui venait de Thionville. C'est le général de Tornaco, qui, comme tant d'autres chefs militaires, avait demandé qu'on donnât ce plaisir à la garnison. Il requérait de « permettre (audit comédien) d'y jouer ses pièces d'autant plus que la garnison non plus que la ville nas>oient jamais eu de comédie française et qu'il convenoit que la garnison auroit (sic^ un amusement ». Il y eut protestation de l'échevin Durieux, mais uniquement — du moins c'était le prétexte donné — parce qu'un incendie était à craindre.

En 1780, la salle servait sans doute encore à cet usage, puisque Luxembourg est parmi les villes où, en raison de la maladie de l'Impératrice, les spectacles furent suspendus. En 1787 la salle fut affectée au tribunal et le matériel fut vendu à l'encan (17 avril).

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