‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 30 sur 595 · Baran., o. c, ch. xii · texte numérisé non relu

Baran., o. c, ch. xii

5. Pronuncialio Linguœ Gallicœ, ad accentum Inclytœ Nationis Hungaricœ adornala. Sopronij. Voir Baran., o. c. , p. 449, et Kont, o. c, p. 4o8.

6. Je ne connais pas cet ouvrage. L'auteur l'a complété par un recueil de proverbes et locutions proverbiales, de formules de lettres, etc. (Pozsony, 1749; cf. Baran., o. c, pp. loi et suiv.).

en 1763. C'est aussi l'œuvre d'un Français, établi comme professeur*.

L'auteur reprend l'afTirmation engageante par laquelle ses devanciers avaient alléché le public, à savoir que nulle prononciation ne s'accommode mieux à la prononciation française que la hongroise. Il ne manque pas non plus de fournir à ses lecteurs le moyen de suivre la mode devenue européenne d'écrire les lettres ou tout au moins les adresses de lettres en français. C'est là un indice que notre langue tendait à se répandre en dehors des milieux où on avait étudié.

Jean Szâldobosi, qui publie alors un Manuel polyglotte de conversation, est un pasteur réformé, qui avait parcouru, on pourrait dire « roulé » l'Europe, y enseignant un peu tout, en particulier la philosophie et les mathématiques. Il me paraît bien plus important pour cette histoire de noter la publication à Presbourg en 1769 d'un ouvrage de J. Fred. Wagener : Deutscher Hanptschlûssel zur fr. Sprache-. Cette « clef maîtresse » est destinée aux Allemands qui habitaient la Hongrie. Kont a noté quelques phrases intéressantes de la Préface : « Parmi les langues vivantes, aucune n'est aussi répandue, aucune n'est aussi indispensable, aucune n'est aussi goûtée que la française. Elle est la langue des Cours; le savant l'apprend, le commerçant la parle et tous ceux qui aiment les mœurs fines et polies lui sont dévoués. Je ne crois pas qu'on puisse ranger parmi les hommes instruits celui qui ne connaît pas cette langue »^

Les Gallicismes. — La manière française étant la règle, la politesse de notre langue étant le modèle, on ne doit pas s'étonner que les emprunts qu'on lui a faits soient nombreux. Les gallicismes, au dire des spécialistes, sont venus par l'intermédiaire de l'allemand. Ils se rapportent aux choses militaires et administratives, à la mode, à la vie mondaine. Baranyai cite parmi les mots empruntés commençant par a ei b : adresse, atout (adutt), affaire, alamode (alamôdi), ombrelle (àmbrél), amortir (amortizàl), anecdote, engager (angazsîrozni), arquebuser (àrkibuzérozni), artillerie, as (àsz), avancer (= obtenir un grade, avanzsiroz), bagatelle, baïonnette, balance, balcon, barricade, bataillon, batar (voiture à deux roues), bigot, billet (bilét), billard, bizarre, bonjour, bonton, brigade, brigadier, brillant, briller (brilliroz), bouffant (bufândli), bouteille, bureau.

4. Baran., o. c, p. 1.^)3. L'ouvrage est dédié à Fr. Eslerhâzy. On trouve dans Stengel, Verz., n» 379, moulion d'une édition de 1761. C'est probablement l'édition allemande, à laquelle l'auteur fait allusion dans le livre destiné aux Hongrois deux ans plus tard.

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