Mém., t. IV, p
3. C'est en 1774 qu'elle prit ce nom de brigade. Les 1 500 hommes qui la composaient étaient répartis en trois bataillons, qui en 1786 reçurent les noms de Maurienne, Tarcntaisc, Genevois-Chablais. Voir Baron du Bourget, La Brifjade de Savoie. Chambéry, 1922.
4. C'est en lalin qae Frère Thadée, lecteur et prédicateur du couvent des Âugustins de Turin, avait prononcé l'oraison funèbre de Claude de Seyssel, dans l'église Saint- Jean, à Turin (1Ô20). En 1554, à la sépulture de Claude ÎNIilliet, premier collatéral au Conseil de Savoie, à Ghambéry, « Messire Philibert Pingon harangua à Sainte-Marie. Ce petit discours est en latin ». Voir Comte de Seysscl-Cressieu. Histoire de la Maison de Seyssel, t. I, pp. 149-152, et Besson, Histoire ijénéalo(jigue de l'illuslrc maison Milliet de Chambéry, publiée par F. Rabut, dans Mém. de la Soc. Sav. d'Hist. et d'ArchéoL, VIII (tS()'.), p. 172.
5. Pour tes historiens de la maison de Savoie, voir les Monumenla hisloriœ palriic. Un souvenir en passant à la Descriptio Sabaudiœ, en même temps qu'aux Antiqiiilates de Pingon.
6. Je citerai une œuvre de jeunesse du neveu de saint François de Sales, Charles Auguste de Sales, comme son oncle évèque de Genève : Prœcociorum quasilus, « Corbeille de premiers vers ». Lyon, 1627, in-S". Cité par Grillet, Dict., t. III, p. 321.
7. Les éléments de la grammaire furent longtemps, comme en France, enseignés en
En second lieu, je voudrais marquer ici que la diffusion du français n'entraîna nullement la disparition complète des productions en patois. Au contraire, chose surprenante au premier abord, leur nombre alla croissant. Mais le nombre ne doit pas faire illusion. Ce qu'on écrit en patois, ce sont le plus souvent des récréations joyeuses, d'innocents passe-temps auxquels se complaisent des conteurs ou des satiriques, dont la verve est plus à l'aise dans un langage dont règles et convenances n'affadissent pas la verdeur naïve.
Dans l'usage courant, les gens de bonne société eux-mêmes continuaient à en user. Désormaux' nous a rapporté une conversation de François Deville, qui avait le titre de « vicaire général de Genève », et qui jusqu'à sa mort (1723) combattit les Jansénistes. Le grand Arnaud avait répondu à ses attaques, et Serge de la Croix, chanoine de Genève, rencontrant son confrère, lui dit en dialecte savoisien : « Ah ! Mons. Deville, vozi volu voz fare mettre desoz la pressaz, mais cho diabloz d'Arnaud voz a diablement équatrà (Ah ! Mons. Deville, vous avez voulu vous faire mettre sous la presse, mais ce diable d'Arnaud vous a diablement seringue") » ? On parlait donc savoisien, sous le camail.
Les parlers vivaient, mais en quelque sorte déconsidérés, déchus. Qu'on se reporte aux séjours que J.-J. Rousseau fit, soit à Annecy, soit à Chambéry. On le voit dans cette dernière ville chercher sa vie en donnant des leçons de musique. Toute la société où il pénètre parle français. Pas une allusion à une famille où il eût été obligé de se servir du savovard, que du reste il savait mal, quoiqu'il l'eut souvent entendu parlera 11 s'était établi une sorte de hiérarchie linguistique, et c'est là un exemple frappant de ce que Michel Bréal
lalin. En 4366, Antoine Bolton fait imprimer à Annecy des Elementa grammalicœ juoenibus ulilia.