CHAPITRE PREMIER REGARD EN ARRIÈRE
Les premiers co:vtacts. — Quiconque a reçu une instruction élémentaire sait quelles furent à l'origine les relations entre notre pays et les Northnians. Nous avons rappelé au tome premier de cette histoire leurs incursions et leur établissement dans la province qui prit leur nom. Ils s'y francisèrent, non sans marquer profondément leur trace dans la région, où beaucoup de noms de lieux et de personnes sont de provenance nordique.
Celte transformation ne les empêcha point de garder des relations étroites avec leurs frères de race. Et il est naturel de supposer que c'est par leur intermédiaire que les premiers mots romans furent portés sur les côtes septentrionales.
Il ne faut pas oublier, non plus, quand on parle de ces siècles lointains, que l'Angleterre, dont l'aristocratie était de langue française, forma longtemps comme un prolongement de France, et que les relations commerciales entre l'Angleterre et les pays du Nord étaient fréquentes^.
En 1108, le roi de Norvège Sigurd le Croisé ^ à l'âge de dix-sept ou dix-huit ans, partit pour la Palestine avec soixante vaisseaux et
1. Je n'aurais pu conduire mes recherches dans ce domaine sans l'aide précieuse de M. Gunn. Host, lecteur à la Sorbonne, auquel j'adresse ici mes meilleurs remerciements. En outre mon savant collègue Verrier a bien voulu revoir ce chapitre et m'indiquer diverses améliorations.
2. Schûck, Lit. Suéd., p. 54. Un roi Norvégien, S* Olav, avant de devenir roi, avait, au dire des chroniques de Normandie et des historiens Scandinaves, été invité à Rouen par le duc Richard II, et y avait passé l'hiver de 1013-1014. D'après Guill. de Jumièges, il avait été converti et baptisé par l'archevêque Robert (cf. Delavaud, Franc, dans le Nord, p. 29).