‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 310 sur 595 · G.-F. Allen, 0. c, p · texte numérisé non relu

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jours de bon sens, avec une naïveté qui tenoit un peu de la froideur de son pays, mais qui n'avoit rien de bas et de petit »'.

Pkogrès sensibles sous Frédéric III. — Avec Frédéric III, qui monta sur le trône en 1648, malgré des guerres malheureuses, un pas décisif fut fait vers notre civilisation. La reine, sa femme, était passionnée pour le luxe et les fêtes : les bals, les mascarades, les représentations données par des comédiens italiens ou français se succédaient au palais. Elle aimait aussi à bâtir; elle fit faire des jardins, ils furent dans le goût français".

Le FRAîJÇAis ET LA CouR. — Ses cufauts, princes et princesses, reçurent une culture française. « Ils parlent françois, dit notre ambassadeur Terlon, comme s'ils étoient nés au Louvre ». A partir de cette date l'habitude tourne à la règle. Le voyage en France fait partie intégrante de l'éducation des enfants de la maison royale ^

Griffenfeld, le ministre et l'organisateur de la monarchie absolue (1660), écrivait du reste souvent en français, particulièrement à son ami du moment, Gyldenlove, le vice-roi de Norvège. Ce personnage important avait beaucoup voyagé, mais c'était la France qui était devenue sa seconde patrie. Il connaissait à fond l'œuvre de Richelieu et de Mazarin. Son idéal de roi était le jeune Louis XIV.

Christian V. — Sous le règne de Christian V (1670-1699), l'ascendant de la France commença à devenir vraiment considérable. Le roi lui-même parlait bien le français (ainsi que le hollandais et l'allemand)*. Le prince héritier — plus tard Frédéric IV — non seulement vint à Paris, mais poussa jusqu'à Rochefort, dont la réputation était grande alors ''^.

Christian s'y était rendu lui-même, et il avait reçu une forte impression de son séjour à Paris et à Versailles en 1662". L'année suivante, un nouveau traité de commerce était conclu. Le prince n'épousa, il est vrai, ni la grande Mademoiselle, ni une de ses demi-sœurs. Cependant il en fut à Copenhague un peu comme partout; gentilshommes français et domestiques occupèrent des situa-

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