Voy. de deux Français, t. I, p
3. La Hontan en parle dans ses Forai/es et cite M. M. de Gormaillon, Dumcni, Labat(p. 16 i).
4. La Hontan a de même été frappé de ses rencontres : « On trouve peu de gens icv, dit-il, qui n'entendent assez bien le François. Messieurs do l'Académie Royale ne connoissent peut-estre pas mieux la délicatesse et la pureté de cette Langue que Madame la Comtesse de Frize, qui ... passe à bon droit pour la perle et l'ornement de celte Cour )) (Voyages, p. 159). L'attestation sent un peu trop le compliment.
5. « La cour de Danemark est une cour roïale par rapport à la pompe et la mai,mificence. La bonne correspondance qu'elle entretient avec la France fait qu'elle a quelque chose de plus rafiné qu'auparavant. Elle apporte les modes de la France aussi bien que les Domestiques et les Officiers François » (Molesworth, Etat du Roy. de Danemark, p. 479).
6. Les gens qui avaient voyage francisaient peut-être par pose. Voici les mots français employés par le Chambellan de Christian V, Parsberg, dans son récit de voyage du prince héritier: esprit, jugement, douceur, qualités, estime, naissance, respects, insolents, débauchés, civilité, compliment, curiosité, satisfaction, passion, compétence. Les récits de Parsberg sont rapportés par Delavaud, o. c, pp. 14-16.
la Cour «beaucoup de gens de qualité qui sçavoient le français ». On a peut-être un peu jugé les nonnes sur l'habit'. Huyghens conte qu'il a vu à Flensburch (Flensborg, Slesvig), à la Cour, douze demoiselles de la Reine et quelques « freuleins », toutes habillées à la parisienne, mais dont pas une ne parlait français". Nous avons même là-dessus le témoignage officiel de notre agent, M. Fouillé deMartangis, ambassadeur. Il écrit à Louis XIV, le 16 juillet 1681 : « Ceux qui présentement ont le plus de crédit auprès jde lui (le roi de Danemark) sont : Fontsenk, dont la faveur augmente tous les jours. Son esprit n'a de vue que pour faire trouver de l'argent à son maître en mettant ses sujets à la dernière extrémité. Il est fils d'un serrurier de Rensbourg, n'étant jamais sorti de son pays, dans lequel il n'a appris que l'arithmétique, ne sachant d'autre langue que celle du pays.
« Celui qui ensuite a le plus de crédit est un nommé Knout (Ivnuth), qui est du pays de Mecklembourg. Revenclos, Sire, qui ensuite est le plus en faveur, a l'esprit un peu plus doux, et sait au moins parler français, l'ayant appris dans un voyage qu'il a fait en France... »^ Ainsi c'est un Allemand d'origine qu'on signale seul comme parlant le français.
Il n'est pas facile, à la vérité, de mesurer les progrès de notre langue dans la très petite société dont nous venons de parler ici surtout au dehors. Dans les Universités et les Collèges, le latin conservait toujours son privilège exclusif. Ce n'est qu'au milieu du xvm* siècle qu'on verra les gentilshommes apprendre le français, avec l'italien, l'espagnol et l'allemand*. A la fin du xvii'^ siècle, il semble bien que cette dernière langue demeurât la plus usuelle dans les cercles commerciaux ou même aristocratiques ^ Le Roi, les personnes de considération et plusieurs bourgeois la parlaient dans leurs conversations ordinaires; « ils n'usent du françois que lorsqu'ils ont affaire avec des Etrangers », rapporte un visiteur''.
1. Éd. iMontm. et P. Paris, 1855, 9 vol. in-S«, t. IV, p. 9^2.