Ib
au banquet de funérailles semblent bien avoir été dites exclusivement en latin '. Dans cette grande assemblée de gens instruits il y avait tout juste un homme qui sût quelques mots de français : Olaus Graan, pasteur de Piteâ, gendre de Tornaeus, le même, semble-t-il, qui la veille avait harangué en latin les voyageurs français". « Cet Olaus Graan,... homme savant ou se disant tel, géographe, chimiste, chirurgien, mathématicien, et se piquant surtout de savoir la langue françoise » la « parloit comme vous pouvez juger par ce compliment qu'il nous fit : « La grande Ciel, nous répéta-t-il plusieurs fois, conserve vous et votre aplicabilité tout le temps que vous verrez vos gris cheveux ». Ce Bothnien plaçait les mots français dans le même ordre qu'en suédois. Il est probable aussi que lorsque le français ne venait pas, il le suppléait par l'anglais (applicabilité). « La grande Ciel » ne s'explique guère que par une mauvaise prononciation, car le mot ciel n'est pas féminin en suédois. Mais, peutêtre Regnard a-t-il mal entendu ; il est possible que Graan ait dit : « la grâce de ciel ».
Il ne faudrait pas se hâter de conclure que tous les pasteurs formés h Upsala en fussent à ce point. Nous sommes ici en Bothnie, dans l'extrême Nord de la Suède. 11 est possible aussi que ces prêtres eussent quelques notions du français, comme leur collègue de Piteâ, et fussent néanmoins incapables de le parler.
\. Ib.. p. 420.