CHAPITRE II AU SEUIL DES TEMPS MODERNES
Événements dynastiques. — A partir du xvi^ siècle, les rapports entre la France et la Pologne sont de nature à intéresser vraiment cette histoire : les deux grands événements qui sont la Renaissance et la Réforme s'y font sentir fortement.
Je dirai tout de suite, pour n'y plus revenir, que le second ne peut être plus négligé que le premier. Quoique la Pologne demeure profondément catholique, le calvinisme y pénètre. Mathieu Rybinski a traduit des psaumes d'après une version calviniste en 1398 ; Jean Grotkowski a traduit un poème de Du Bartas. Un mémoire philosophique de Bolestraszycki sur Heraclite, traduit du français, fut même brûlé '.
Un roi français a Varsovie. — Un long interrègne suivit la mort de Sigismond-Auguste ; puis la Diète de Pologne se réunit enfin pour lui élire un successeur. Les prétendants étaient représentés chacun par une ambassade. Briguant le trône de Pologne pour son fils Henri d'Anjou, Catherine de Médicis avait délégué Montluc, évêque de Valence. Il était accompagné par Pibrac, au titre de chancelier du Roi de Pologne, et par Beaulieu, comme secrétaire des commandements^.
Arrivé en Pologne en octobre 1572, Montluc fit la connaissance d'un sénateur influent, le castellan de Londz [Ladz], dont le fils se trouvait en ce moment-là à l'Université de Paris ^ Quand la Diète se réunit six mois après, chaque ambassadeur fut libre de prononcer sa harangue dans la langue qui lui plairait. Le Cardinal Commendoni, Légat du Pape, recommanda en latin à la noblesse polonaise d'élire un roi attaché à la religion catholique ; l'ambassadeur de l'empereur parla en langue bohème (tchèque) ; Montluc prononça son discours en latin, mais il le fit traduire en polonais et en français et sous