‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 350 sur 595 · Id., ib., pp. 182 et · texte numérisé non relu

Id., ib., pp. 182 et

5. « Le roi demanda qu'un gentilhomme français qui le sert à sa chambre l'obtînt aussi [l'indigénat] et la reine le demanda poTir moi, de manière que je suis maintenant raélamorphosé de Français en Polonais ». On l'a encore accordé à quelques autres qui servent dans les armées (Des Novers, Lettres. \" septembre 1638. p. 433-436).

6. Voir S'-Amant, Œao.. Bibl. elzév., Notice do Livet, t. I", pp. xxxv etsuiv., et Mansuy, o. c, pp. 163 et suiv.

SoBiESKi ET M"* d'Arquien. — La jeuiiG d'Arquien, fille d'un petit gentilhomme nivernais, fut, de toutes les Françaises qui entouraient Marie-Louise, celle qui eut la fortune la plus extraordinaire. Jean Sobieski s'éprit d'elle '.

Ce héros de l'histoire aimait les héros de roman. Jeune, il était venu en France, s'était engoué de Paris et avait appris notre langue. Pour l'engager à correspondre avec elle, Marie-Casimire lui écrivait : « Vous escrivez fort bien en français; fiez en vous à moy, je ne vous le dirais pas, si ca n'estait » ~. Cela était en effet ; nous en avons d'autres témoignages ^ Les Sobieski avaient trouvé en France divers Polonais, Avant de quitter Paris ils ont reçu aux Dominicains de Saint-Jacques la bénédiction des deux princes Grabowiecki ; un Zamoyski les a conduits jusqu'à un mille de Paris, « Sire Skotnicki » jusqu'à Orléans, où ils ont trouvé à l'heure du dîner toute une joyeuse bande de Polonais : Orzechowski, les frères Klokocki, Sawicki et Sobocki. A Angers, autre rencontre avec Stefan Niemirycz, son gouverneur Lubieniecki, Lisowski, Wasowicz. Entre Poitiers et Claye, ils tombent sur le fils d'un marchand polonais de Cracovie. Au retour, ils retrouvent à Orléans les Polonais qu'ils y avaient laissés et qui apparemment s'y plaisaient fort ^.

Rien de plus curieux que le marivaudage précieux de Sobieski et de Marysienka. Le soldat écrit en phrases de VAstrée. Il est Céladon. Enfin Zamoyski (premier mari de la jeune femme) meurt et, le 14 août 1663, M"* d'Arquien épouse son amoureux, qui lui écrit avec toutes les formules des romans : u Je baise et rebaise million de fois mon amour, mon âme, mon cœur et mon tout » ^. Tyrannisé par cette coquette précieuse, il lui demeura néanmoins attaché jusque dans la plus haute fortune ''.

Nouvelle reine, nouvelle camarilla, nouvelles unions. La sœur de Marie d'Arquien, venue en Pologne lorsque celle-ci monta sur le trône, épousa le chancelier Wielopolski ', qui vint en ambassade à Paris ^ Abel Mansuy dit à ce propos : « La langue parlée [à

l. Sur cette histoire, voir Lavisse et Rambaud, Hist. Génér., t. VI, p. 640. •2. 2"2 juin 1662, lett. 41, dans Abel Mansuy, o. c, p. 3()3. On remarquera cette orthographe de Précieuse.

3. Dalayrac, Les Anecdotes de Poloijne (t. I, p. 12'2) nous dit: « Le Roi de Pologne parle et entend le françois avec toutes les délicatesses de la Langue. Regnard a parlé françois avec lui ».

4. Journal de Sebastien Gawarecki, dans Abel Mansuv, o. c, p. 127. o. Ab. Mansuy, o. c, p. 384.

6. Id., ib., pp. 384 et suiv. Ci'. Henri Sigismond, Une Franc, sur le trône de Pologne, dans La France et la Pologne à travers les siècles, pp. 29-31, et Waliszewski sur Marysienka.

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