‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 351 sur 595 · H. Sigismond, o. c, p · texte numérisé non relu

H. Sigismond, o. c, p

8. En 1683. « U parla au roi en latin, el, à toute la maison royale en françois » (Dangeau, Journal, t. I, p. 233-234, 18 oct.).

4n6 HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Wilanow et ailleurs] était ce salmis fort agréable à mon sens dont Polonais et Russes ont, seuls entre tous les peuples, le secret, et qui se compose de phrases en leurs langues mélangées dans des proportions sans cesse changeantes avec des phrases françaises : c'est aussi, parfois, souvent, le français tout simplement. Langue cultivée dès longtemps par tout ce que la Pologne comptait d'éminent, le français, « parlure » au xvi* siècle de l'efleminé Henri de Valois, s'offrit aux Sarmates de l6io à 1697 sous les formes tangibles de deux reines de Pologne, fort belles, et d'un essaim de filles d'honneur françaises qui, parmi les « pans » polonais charmés, se choisirent des maris peu ordinaires » '.

Le français a la Cour. — Un témoin oculaire nous donne les détails les plus circonstanciés sur la famille royale. Au sujet du prince Alexandre — qui avait douze ans — et du prince Constantin — qui en avait neuf — lors de son passage, l'abbé F. D. S. dit « qu'ils parlent un peu françois » ^. « Le prince .lacques, fils aîné du roi, parle le français comme il parle le latin et l'allemand. Quant à la princesse, sa sœur, elle parle latin en perfection et le françois assez bien... ^lais elle a une très grande aversion pour la nation Françoise, jusqu'à me dire une fois : « Monsieur l'abbé, je vous aime bien, mais je vous aimerois encore mieux, si vous n'étiez pas François ». Elle avait tout de même près d'elle un abbé français qui lui apprenait à chanter à la française ^.

La maison royale regorgeait de Français ; « la reine a douze femmes de chambre, onze Françoises et une Polonoise... un seul cuisinier François pour sa cuisine, et un autre, Polonois, pour ses femmes » *.

Ses valets, ses gentilhommes et écuyers, ses autres officiers subalternes étaient français.

Le marquis d'Arquien, père de la Reine, était alors à la Cour, ainsi que M. le comte de Matigny, son fils, capitaine de dragons dans l'armée polonaise. La Reine avait trois gentilshommes français:

1. 0. c, f). 363. Le même donne, p. 393, des échantillons du jargon francise de Sobieski.

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