‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 352 sur 595 · Vol.. p · texte numérisé non relu

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3. F. D. S., 0. c, pp. (i6-68. Elle garda son aversion : « L'Electeur, de retour à Berlin (1694), nous conte Pœllnitz, y reçut la visite de la princesse de Pologne, Thérèse Cunegonde, fille du roi Jean Sobieskv. Elle venoit d'épouser par procuration à Varsovie Maximilien Emaniiel, électeur de Bavière. Elle passoit pour aller joindre son époux à Bruxelles; on admira la beauté de ses traits, et les charmes de sa personne; mais on fut étonné de la bizarrerie de son caractère. Elle affecta de ne point parler françois, quoique celte langue lui fût aussi famillière que la polonoise, la reine sa mère qui l'avoit élevée étant françoisc » (^Mémoires pour servir à l'histoire des quatre derniers souverains de la maison de Brandebourg, t. I, p. 463. Cf. Olivier, o. c, t. II, p. 7-4, n. 4).

•4. F. D. S., Voi., p. 59; cf. p. 60.

^I. de Ryon, M. des Forges et M. de Villars, qui avaient été exempts des Suisses de Monsieur'.

Un autre centre était la maison du marquis de Vitry, ambassadeur de France. Il réunissait chez lui, pour le plaisir et le jeu, Français et Polonais.

INFLUENCE DES RELIGIEUX. — Religicux ct rcIigicuses semblent avoir joué un rôle important dans la francisation. L'abbé F. D. S. nous a parlé du couvent du Saint-Sacrement, où la Reine faisait venir de temps en temps des filles de France à ses dépens, dont elle payait le voyage, l'entrée en religion et la pension".

Quant au couvent de la Visitation, il est proprement une création de la Reine Marie-Louise. Dès 16i9, celle-ci avait envoyé son secrétaire Des Noyers et son amie intime M"*^ Delamoignon pour obtenir par leur intervention auprès des communautés de son pays le consentement à l'envoi en Pologne de douze religieuses. Ne pouvant rien tirer de l'archevêque de Paris, les envoyés de la reine de Pologne réussirent mieux auprès de l'évêque de Genève résidant à Annecy, qui consentit à envoyer en Pologne cinq religieuses. A celles-ci vinrent se joindre sept Sœurs Visitandines de Troyes. Tout ce monde s'embarqua à bord d'un bateau de Hambourg le 20 août 1653. Mais un corsaire anglais troubla la fête. Les Savoisiennes, qui avaient été faites prisonnières, ne voulurent plus se remettre en route et furent remplacées par des religieuses d'Aix-la-Chapelle, qui paraissent avoir été aussi de provenance française (1634) ^.

Leur établissement en Pologne fut annoncé par une lettre circulaire aux communautés, le 9 août de la même année. La maison prit

le nom de Relimeuses de la Visitation Sainte-Marie. Reçues à mi-

chemin par M"" de Villers, l'une des favorites de la Reine, elles furent installées provisoirement dans la résidence royale. La Diète vota en leur faveur une subvention de cinq cent mille francs. Conduites par la Reine elle-même dans le couvent des Carmélites polonaises, les Visitandines, installées à table avec ces dernières, durent, dès cette première visite, apprendre, chacune à sa voisine, les noms des mets qu'on leur servait et ceux des objets qui se trouvaient sur la table. Les nouvelles arrivées durent être singulièrement embarrassées en faisant cette première leçon de français,

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