‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 353 sur 595 · Foi., p · texte numérisé non relu

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3. Voir Polskie Wizytki czyli Hlstorja Zakonnic Nawiedzenia Panny Marji w Warszawie (^Les Visitandines polonaises ou l'Histoire de la fondation du premier Couvent de la Visitation Sainte-Marie à Varsovie). Rome, 18i9, Impr. de la Propagande.

car elles ne connaissaient pas les plats qu'elles mangeaient pour la première fois *.

La communauté des Religieuses de la Visitation étant dotée d'une starostie, la Reine voulut qu'elle s'occupât de l'éducation de douze jeunes filles polonaises de parents indigents, comme il résulte de la clause III de leur statut. D'après la clause IV du même statut, les sœurs étaient tenues d'ouvrir aussi un externat de jeunes filles, placé sous la direction de la mère supérieure. L'enseignement devait y être donné par six professeurs ou institutrices surveillées par les sœurs. Les cours devaient avoir lieu deux fois par jour : le matin et l'après-midi.

Les Lazaristes avaient une maison qui devint par suite polonaise, mais dont les religieux ne cessèrent jamais d'enseigner le français et d'être en relations avec Paris ^

Le même abbé F. D. S. rencontra aussi à Varsovie deux Capucins français dont l'un était le fameux Frère Ange, cet empirique célèbre dans toute l'Europe, duquel M""^ de Sévigné a parlé plusieurs fois. L'autre, le Père François des Stigmates, était un prédicateur assez distingué. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est de constater qu'il prêchait en français à la Cour de Sobieski. « Un de ses talents, ajoute le narrateur, est la prédication. Je l'entendis prescher à Varsovie le jour de la Purification aux Religieuses Françoises du Saint Sacrement, à la vesture de six filles Françoises qui prenoient l'habit. Leurs Majestés, la famille Royale, les princes, les princesses, les Palatins, les Palatines, les Sénateurs et Senatrices et tous les grands Seigneurs du Royaume assistèrent à cette cérémonie et entendirent son sermon. C'étoit sans doute le moment le plus avantageux h un prédicateur pour avoir tout le plus beau monde de l'Etat de Pologne, la Diette étant assemblée... » ^.

Francisation extérieure. — On devine, dans ces conditions, les dispositions de l'aristocratie. L'art français exerçait la même séduction que partout. Quand le peintre Desportes vint à Varsovie (1695- 1696), c'était à qui l'inviterait à faire son portrait. Des grands seigneurs le prièrent à leur table. Un sculpteur fort obscur, Pierre Vaneau, de Montpellier, qui avait suivi au Puy son protecteur Armand de Béthune, fut appelé dans le pays lorsque le frère dudit protecteur épousa la sœur de Marie-Casimire d'Arquien^.

I. Elles visitèrent également la maison des PP. Missionnaires amenés de France par la Reine, richement dotés par elle et jouissant de sa haute protection. '-2. Regnard, Voyage de Pologne, t. I, p. ;-538-^39.

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