‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 375 sur 595 · Relevés dans Bernacki, o. c., t. I, pp. 249 à · texte numérisé non relu

Relevés dans Bernacki, o. c., t. I, pp. 249 à

5. Il est bien entendu qu'il y avait de nombreux réfractaires. A Vienne, M™^ Geof-

La facilité, l'élégance avec laquelle on le parlait a frappé tous ceux qui étaient sur le pays ou qui pour des causes quelconques l'ont visité : voyageurs, émigrés, militaires. La comtesse Potocka nous dit dans ses Mémoires ' que le français était devenu à tel point la langue de la société polonaise que Delille a pu écrire à la princesse Isabelle Czartoryska : « Notre langue, ou plutôt la vôtre ; elle vous appartient par les grâces que vous lui prêtez, et j'oserai dire avec Voltaire : « elle est à toi, puisque tu l'embellis ». Et elle ajoute que les anonymes qui avaient visité la Pologne dans leur voyage à travers l'Europe, disent : « Les femmes jouissent de la réputation d'être les mieux élevées de l'Europe : toutes parlent français ainsi que les hommes » ^

Ailleurs la même comtesse Potocka relate en expliquant les faits : « M*"* de Cracovie avait comme lectrice une parisienne. M"* Duchêne, que son entourage avait surnommée l'Encyclopédie ambulante. La future comtesse Potocka avait elle-même une gouvernante française et, de plus, M""* de Cracovie avait donné asile à la famille Bassompierre ». « Élevée au milieu de ces Français, dit la comtesse Potocka, je saisis instinctivement l'esprit de leur langue, et m'adonnai de préférence à leur littérature » ^ Au château de Cracovie, il y avait tous les soirs lecture en français, de sept à neuf, la châtelaine désirant se tenir au courant des journaux et des nouveautés littéraires^. La lecture finie, les portes s'ouvraient à tout venant, et l'on causait, en français bien entendu. Souvent il y avait comédie française, ou ballet \

Écoutons maintenant les témoignages de nos émigrés : « M. de Bystri (un Polonais de Zytomir), était un homme aimable... parlant familièrement plusieurs langues, au point d'être pris pour Français, Italien, Allemand par les naturels de ces diverses nations »^ « Presque tous les nobles polonais, tant hommes que femmes, parlent ou du moins entendent le latin, le français et l'italien » ". A la page suivante, l'auteur décrit une réception : « La conversation se faisait en français et à l'accent près, on aurait pu se croire en France... A Kamienietz... J'ai remis une lettre au colonel Szymanowski, em-

frin rencontra une princesse Lubomirska (qu'il ne faut pas confondre avec la cousine de Stanislas-Auguste). « Elle ne dit pas un mot de françois, mais l'entend », écrit M™" Geoffrin, 3 oct. 4766 (Corr.. p. 249),

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