‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 376 sur 595 · B. de Corbehem, Dix ans de ma vie, p · texte numérisé non relu

B. de Corbehem, Dix ans de ma vie, p

ployé par le gouvernement... le colonel était un homme très comme il faut et parlant français comme moi» *. « Je demandai à un de ceux qui s'énonçaient si bien dans notre langue (un chevalier de Malte) s'il était de notre nation; il me répondit « qu'il était de Cracovie, mais qu'il avait fait ses études dans la capitale de la France; au reste, ajouta-t-il, vous pourrez entendre beaucoup de mes compatriotes parlant le français tout aussi bien que moi ; cela vient de l'éducation que l'on donne aux classes nobles en Pologne, et plus encore en Russie, où l'on oblige les enfants presque à la mamelle à s'énoncer dans la langue de votre charmant et délicieux pays » " (1796). Au tour des militaires: « Dans le château de Zeil (Zeil-Walbourg-Truchsses)... Quand j'étais là, les deux frères (princes) se parlaient en français » ^

Gallomanie. — 11 faut bien le dire, dans cette deuxième moitié du xviii* siècle, la Pologne, elle aussi, est prise de « gallomanie ». Le français pénètre partout ; nombre de Polonais appartenant h l'aristocratie et à la petite noblesse savent s'en servir mieux que de leur langue maternelle ; le polonais paraît ne pas suffire aux besoins des gens raffinés. Les femmes ne lisent que des romans français, ne prient que sur des livres de prière français, dans les salons le français est la seule langue admise. On l'employait aussi dans la correspondance : Moszyiîski, directeur des spectacles, écrit en français à Stanislas-Auguste (lo juin 1772) pour justifier sa gestion du théâtre polonais'^.

Les livres en français. — Chez ceux qui écrivent, l'influence de la langue française se traduit de deux façons : ou bien les auteurs se servent du français comme Ignace Potocki ou Czartoryski, ou bien ils introduisent des mots français dans leur langue nationale.

Il faut toutefois se tenir en garde quand on parle des livres publiés en français par des Polonais. Assurément cela prouve que les auteurs savaient cette langue, mais il se peut que la nature du sujet ait contribué à déterminer leur choix. Ainsi Célestin Kaliszewski, qui dédia son ouvrage à d'Argenson, a publié Traités des puissances de l'Europe les plus célèbres et les plus intéressans depuis... 1552 jusqu'à... 17^8^. Il s'agissait de questions inter-

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