Voir H. L., t. II, p
S. Voir sur ce sujet, Morel Fatio, Eludes sur l'Espagne, i""* série, pp. 3-108, et surtout Lanson, Elude sur les rapports de la Lilt. fr. et de la Litl. espagnole nu XVII" siècle, n. H. L., 1896, p. 45.
4. « Lorsqu'il s'agit de tourner avec grâce une prière, une démarche de civilité, un envoi de petits cadeaux, une bagatelle, un rien, ce qui est une partie de Balzac et presque le (oui de Voiture avec la galanterie, je ne vois pas quel maître auraient pu avoir nos Français sinon les lettres imprimées de Perez » (Lanson, R. H. L., 189(), p. 50-51).
Cependant Harlzenbuscli commence son prologue en rappelant le mot de Lope Félix de Vega Carpio (Otras sueltas. Madrid, 1776, t. I, j). i7t) :
« F'avorecido enfin de mis cstrellas Algunas lenguas supe, y a la mia Ricos aumentos adquirî por ellas » (Grâce enfin à ma bonne étoile, j'ai su ([uelques langues, et à la mierme j'ai apporté de riches augmentations par elles).
« En France il n'y a homme ni femme qui manque d'apprendre la langue espagnole » '. Lanson a pris la peine de compter et de citer professeurs et manuels. Il résulte des témoignages qu'il apporte que, si le mot de Cervantes, si souvent cité, n'était pas juste en 1617, il le devint bientôt. Le roi Henri IV avait donné l'exemple. Il fut suivi, surtout plus tard, quand une reine espagnole fut arrivée, en 1613.
Des livres espagnols s'imprimaient en France. Chapelain, Maynard. Ménage, Corneille, Voiture, Sarrazin, Saint-Amant, Scarron, Boisrobert, d'Ouville, Rotrou, Th. Corneille, Quinault, le cardinal de la Valette, Retz, Condé, Montausier, M™" de Motteville, M™* de Sévigné, M™* de La Fayette, M"'' de Scudéry, etc., savaient l'espagnol. Catherine de Vivonne, qui ne le savait pas, se mit à l'apprendre, ce que son mari avait fait dans sa jeunesse ^.
Sans doute, la France commençait de son côté à agir. Quevedo traduisait François de Sales (1634) et Diamante Le Cid (16o8) ; un anonyme fera passer en espagnol Le Bourgeois gentilhomme (1680), mais quelques exemples de ce genre ne sauraient entrer en balance avec les innombrables copies, traductions, imitations des œuvres espagnoles qui paraissaient alors en France.
II y a eu un certain nombre de gallicismes à cette époque : asemblea est dans Barahona de Soto. En outre une quantité notable de termes militaires: bagage, bayoneta, brecha^ convoy ({^^'à\ derrota (1706), ef/uipar(id.), fortin, qui ont été recueillis par le dictionnaire de l'Académie Espagnole et sont cités par elle en 1726 comme anciens. Ils ont dû entrer au xvii* siècle déjà ; mais il est vraisemblable que c'est la guerre de la Succession où furent engagées des troupes françaises, qui a contribué à les affermir en terre espagnole.
A LA Cour et dans le monde diplomatique. — Ainsi, pendant toute la première partie du xvii* siècle, on compte dans la péninsule ceux qui se donnent la peine d'apprendre le français. Le plupart sont des diplomates et des hommes politiques^ qui s'y adonnent pour exercer avec plus de commodité et plus d'avantage leurs fonctions. Nous aurons l'occasion de parler d'eux.