Cf. MaUiorez, o. c, t. I, pp. 308 et suiv
Code des Lois parut non seulement en russe et en allemand, mais en français et en latin (1770). La législatrice voulait être appréciée en Europe V
Catherine écrivain français. — Elle se hasarda même à écrire en français ; non seulement elle fit passer en russe une partie de Bélisaire', mais elle a composé, et une partie de ses pièces en français a été publiée dans le Théâtre de l'Hermila^e ^.
Un exemple venu de si haut suffisait à décider la Russie, celle qui comptait, bien entendu. Elle s'emplit, suivant l'expression de Briickner, de demi-Français *. C'est l'époque où beaucoup de Chouvalov veulent pouvoir tourner une épitre ou au moins une lettre à une Ninon de Lenclos \
Mesures décisives. — Encore fallut-il que la maîtresse toute puissante traduisit ses penchants en ordres et ses désirs en mesures organisatrices. On n'a qu'à choisir parmi des faits de toute espèce, tous révélateurs.
Des oukases accordèrent aux étrangers plusieurs privilèges considérables ; les plus importants sont celui de 1763, permettant le libre exercice du culte, et celui de 1786, favorisant le commerce. « Par le premier de ces documents, ditTastevin, l'impératrice Catherine II, poursuivant la réalisation de l'idée de Pierre le Grand — civiliser l'Empire au moyen d'emprunts intellectuels, scientifiques, industriels et artistiques faits à l'Occident — stipule une série de privilèges et de franchises en faveur des étrangers qui se rendront en Russie. Les avantages offerts sont importants: franchise douanière, exemption d'impôts pour une période de cinq ans dans les deux capitales, de dix ans dans les campagnes, gratuité des moyens de
i. Elle rédigea elle-tnèmc, dans notre langue, une Instruction pour le Code, comme Calvin avait fait son Institution.
2. Une Société de douze grands seigneurs et grandes dames, dit Grimm, pendant un voyage de plaisir sur la Volga, traduit BéVuaire. Cet ouvrage, dédié à l'évêque de Tver, fut envoyé à Marmontel, avec une lettre en français ÇCorresp., 1768, t. VI, p. 68-69, dans Albon, o. c, p. ITo). ÏNIarmonlel, dans ses Mémoires, a parlé de cette traduction : vc Les lettres des souverains de l'Europe et celles des hommes les plus éclairés et les plus sages m'arrivoicnt de tous les côtés, pleines d'éloges pour mon livre, qu'ils disoient être le bréviaire des rois. L'impératrice de Russie l'avoit traduit en langue russe, et en avoit dédié la traduction à un archevêque de son pays » (liv. VIII, t. III, p. 46 de l'édition de l'an XIII).