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cent mille Fiançais répandus dans toute l'Espagne, dont au moins vingt mille dans la seule ville de Madrid ».
Cette émigration vers le pays de l'or ne cessa jamais. La Hontan écrit à ce sujet : « La populace conjecture que la France est le plus mauvais Païs du monde, puisque les François le quittent pour venir dans le leur. Il est vray que les Laboureurs, les Coupeurs de bled, les Bûcherons et les gens de tous Métiers, sans compter les Cochers, les Laquais et les Porteurs d'eau sont presque tous Bearnois, ou Languedochiens, ou Auvergnats. On trouve icy quelques Marchands Bearnois, qui se sont enrichis par le commerce de France, qui, malgré la guerre, se fait encore assez ouvertement» '.
On se rappelle le mot de Balzac : « Bien que l'Espagne soit mère de peu d'enfants, et qu'elle adopte des Wallons, des Allemands et des Italiens... néanmoins ils ne laissent pas de mépriser ces nations, par lesquelles ils sont redoutables, et de nommer « veillaques » (rustres) ceux qui les font vaincre et dominer » ^.
Le P. Labat évalue à vingt mille le nombre de ces ouvriers répandus dans la seule province d'Andalousie en 1703 '\ « Les Flamands, et les François, content les Lettres Juives % moins paresseux et moins vains que les Espagnols, travaillent à la Culture des Terres, auxBàtimens, aux Choses les plus serviles : et, lorsqu'ils ont amassé quelques Pistolles, ils prennent congé des Doras Sanches et des Doms Diegues... Le Nombre de ces Etrangers, qui vont travailler en Espagne, est si considérable qu'un Auteur François assure que l'on en trouve jusqu'à quatre vint mille, qui entrent dans le Roïaume et qui en sortent de cette manière ». Seulement il faudrait savoir où étaient nés tous ces gens. On nous parle surtout .de méridionaux. Ils ne savaient sans doute guère plus de français que les Flamands. Leur influence linguistique, déjà bien faible, de par leur condition et leur métier, y perdait singulièrement. A Séville, le P. Labat descendit dans une hôtellerie dont le maître était ou Français ou Provençal, mais à ce point espagnolisé, qu'il « entendoil le françois à peu près comme l'arabe » ; en revanche « il parloit en perfection le provençal et l'espagnol » '.
Il est vrai qu'en dehors de ces pauvres hères, et quoique le milieu fût peu attirant, des Français cultivés s'expatriaient aussi". Mais