Prince, p
3. Voyage en Espagne, t. I, p 286. Pœllnitz descendit à Madrid dans une auberge française (Lett. et Mém., IV, p. 3.H).
i. Let. XCIII.
"). Voyage en Espagne, l. I, p. 3(i0.
(j. « M. Renau, Ingénieur de la marine de France... clail à Cadiz, comme ingi"-
LE XVlll* SIÈCLE ^3
loin d'imposer leurs façons à une société hostile, il semble qu'ils s'assimilaient, de gré ou de force '.
Les livres fbançais en Espagne. — La liste des ouvrages français traduits en espagnol au xviii* siècle est à faire. Ce sont tantôt des œuvres classiques, comme Britannicus (version de Don Juan de Trigueros, Madrid, 1752), Athalie (yersioxi de Don Eug. de LIaguno y Amirola, Madrid, 17o4), tantôt des œuvres contemporaines comme Le Préjugé à la mode de Nivelle de la Chaussée (version de Luzan, 1733) ^ En 1782 une souscription s'ouvrait en Espagne pour une traduction espagnole de l'Encyclopédie.
Imitations. — Les imitations fourmillaient : Moratin (1737-1780) et aussi son ami José de Cadalso y Vaques (1741-1782), qui avait vécu à l'étranger, surtout à Paris, s'inspirent de modèles français; Samaniego, Basque d'origine, d'éducation toute française, copie à certains endroits La Fontaine; Ramon de la Cruz, le « Goya du théâtre » débute, avant ses « sainetes » si originaux, par suivre de tout près notre tradition. Toutefois, ainsi que je l'ai dit dans mon Introduction, ce sont là des témoignages de l'ascendant qu'exerce l'esprit français; ce ne sont pas des preuves de la difl'usion de la langue.
Théâtre français. — Autrement significatives sont les représentations données en français. Même en admettant que la mode entraîne des personnes que leur rang oblige en quelque sorte à assister à des spectacles dont elles n'ont que la vue, il fallait que la connaissance du français se fut répandue pour qu'il y eût jusqu'à Cadix un spectacle français et un italien ^.
nieur général du roi d'Espagne, et Maréchal du camp de ses armées » (Id., ih., t. I, p. 291-292).
4. La comtesse d'Aulnoy rencontra à Madrid une parente habillée moitié 5 l'espagnole, moitié à la française. « Je ne la trouvai point changée quant à sa personne, ditello, mais je ne pus m'empôcher de rire de sa manière de parler; elle ne sait plus guère le français, quoique elle le parle toujours et qu'elle l'aime tant, qu'il lui a été impossible d'apprendre parfaitement aucune autre langue ; de sorte qu'elle mêle l'italien, l'anglais et l'espagnol avec la sienne naturelle... Elle ne veut pas qu'on lui dise qu'elle l'a oubliée, et, en effet, elle ne peut le croire, parce qu'elle n'a pas discontinué de la parler chez elle avec quelques-unes do ses femmes, ou avec les ambassadeurs et les étrangers qui la savent presque tous. Cependant elle parle fort mal ; car, si on n'est pas à la source, l'on ne sauroit guère bien parler une langue qui change tous les jours, et dans laquelle il se fait sans cesse de nouveaux progrès ». {Relal. du voy. d'Esp., t. I, pp. 258-239).
2. Gapmany a fait une théorie de la traduction : L'Art de traduire (B. N., X, 22178,
3. Autrefois il y avait à Cadiz un spectacle français et italien, mais depuis la guerre actuelle, le premier a été fermé, et le dernier réuni à l'espagnol (A. Fischer, Voynge en Espagne aux années 1797-179iS\ t. II, p. 198).
Autres preuves. Les manuels. — Au reste les témoignages, quoique rares, ne manquent pas complètement : « La langue française est fort cultivée en Espagne depuis quelque temps, et l'on y voit une foule de petits littérateurs qui, pour en savoir balbutier quelques phrases, ont pour les productions françaises une prédilection presque exclusive » '.
On vit paraître des manuels d'enseignement, d'abord, à vrai dire, assez peu nombreux, mais importants : Abad. de Vayrac, El arte francés... (1714). Paris, Pedro Vitte (Steng., n" 258); Sobrino, Grammaire noin>eUe Espagnolle et Françoise. Bruxelles, 1717 (Steng., n° 267). Sobrino avait déjà donné un Dictionnaire en 1705, d'après l'œuvre de Covarrubias. Il remplaçait les Oudins et fut souvent réimprimé '.
A partir de 1760 les ouvrages de doctrine se succèdent ; Nunez de Prado, Gramâtica de la lengua francesa. Madrid, 1760 (Steng., n" 374). Ce livre fut complété, transformé pour mieux dire, en 1767 (?), par un professeur de philosophie de l'Université de Paris, Galmace, qui donna une sorte de Somme de langue française avec des phrases accompagnées de leur prononciation figurée. Paris et Lausanne, 8" (Steng., n" 394). Peu après (1786?) paraissait V Arte de liablar bien fraîicés de Chantreau, qui fut célèbre (Steng., n" 470)^.
Jeunes Espagnols venant étudier en France. — Nous savons d'autre part que des jeunes gens, originaires d'Espagne, venaient en France se former à l'usage de notre langue. Un rapport de 1765, concernant le collège de Pau, le dit expressément : « Les communautés de filles de cette ville qui tiennent des pensionnaires en ont toujours un grand nombre d'Espagnoles, que leurs parens envoyent avec empressement parmi nous apprendre notre langue et se former aux manières françoises ; un bon pensionnat pour les jeunes gens nous donneroit sans doute le même avantage sur nos voisins ; et cette espèce de branche de commerce seroit pour ce pays qui a tant de relations avec eux, et non moins utile que les autres et plus honorable, si l'on peut dire » ^. Et ce texte est confirmé par un rapport de l'époque révolutionnaire '.