LES RÉSULTATS
à des sourds : le patriarche était à leurs yeux l'alpha et l'oméga de toute science et de toute sagesse. Les Russes de ce temps-là me rappelèrent un mot très fin d'un illustre prélat de Rome ; il me disait : « Gardez-vous de discuter jamais avec un homme qui n'a jamais lu qu'un seul livre... ». Je regardai donc, impassible, passer ce torrent d'admiration » '.
Au commencement de la retraite de Russie, le sergent Bourgogne examine une Bibliothèque. Elle contenait des éditions de Voltaire, de J.-J. Rousseau et de BufTon, richement reliées".
La bibliothèque du père de Pouchkin comprenait presque exclusivement des livres français, que l'enfant (né en 1799) dévora dès qu'il sut lire. Ainsi de suite.
Il est certain que la plupart des bibliothèques de la noblesse contenaient des livres du même genre et de même langue.
Un journal français a Pétersbourg. — A la Gazette de S'-Pétershourg s'ajouta un journal littéraire français, Le Caméléon littéraire. C'était, il est vrai, l'œuvre d'un Français, Tschudy, fils d'un conseiller au Parlement de Metz ^ Mais il trouvait des lecteurs russes. D'autres journaux furent aussi publiés : Le Mercure de Russie, L'Agréable et V Utile (1786) ^. Ils n'eurent du reste qu'une courte vie \
Le français dans la conversation. — Le français, enseigné par la méthode directe, entrait spontanément dans la conversation, et les témoins ne tarissent pas d'éloges sur la perfection avec laquelle les Russes en usaient. En 1787, le comte Roger de Damas qui a été, par exception et grâce à la protection de Potemkin, agréé dans l'armée, en fut stupéfait : « Toute la meilleure compagnie de la ville était réunie chez l'ambassadeur (comte de Cobenzl) à Pétersbourg, dit-il. Ce n'est ni par les costumes, ni par les manières, ni par la langue, même par l'accent, que je pus me croire dans une assemblée