‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 407 sur 595 · Mém., t. VI, p. 417. "2. Mém , p · texte numérisé non relu

Mém., t. VI, p. 417. "2. Mém , p

3. 11 avait pris le nom de Chevalier de Lussy et fut gouverneur des pages (voir Pingaud, o. c, p. 23). Suivant le Journal de Verdun, « tous les seigneurs de la Cour étaient dans le goût de la littérature française «, s'intéressaient vivement au succès de cet ouvrage « (dans Hatin, Bibl., p. 47). Jamcray-Daval demandait en 1768 s'il était vrai qu'il se publiât une Gazette française à Saint-Pétersbourg (t. I, p. 257, lett. 35).

4. Brûckner, Die Europ. RussL, p. 346; cf. Pingaud, o. c. p. 35.

5. En 1779, paraissait à S'-Pétcrsbourg (numéros de janvier à avril), pour paraître ensuite à Moscou (numéros de mai h décembre), le premier journal russe qui se soit occupé de modes : Publication mensuelle de modes, ou Bibliotlieqi e pour la toiletlc des dames. Les rédacteurs annonçaient : « On fera tous ses efforts pour se tenir au courant des nouvelles modes parisiennes» (Rambaud, Paris et Saint-Pétersbounj).

hors de Paris » '. De fait, les grands seigneurs et beaucoup de personnalités appartenant à la petite noblesse parlaient bien le français, et s'exprimaient avec une pureté de diction et un choix d'expressions qui faisaient dire « qu'ils parlaient et écrivaient, comme les livres ». Et ces témoignages portent à croire que leurs maîtres et maîtresses n'avaient pas été si mauvais qu'on se plaît à le dire.

Il faudrait, non pas pour faire un dénombrement impossible, mais pour se former une idée approximative de la diffusion du français dans l'immense Empire russe à la fin de l'Ancien Régime, dépouiller non seulement les documents du pays, mais consulter les Mémoires, récits des voyageurs et des Emigrés français et aussi les lettres de nos soldats qui ont pris part à la campagne de 1812 et qui ont eu affaire à des ffens ou avancés en âge ou tout au moins adultes. C'est une besogne qui n'est que commencée, et je ne puis fournir ici que quelques indications fragmentaires'.

Commençons par le comte d'Espinchal. « L'impératrice, dit-il, a envoyé auprès de nos princes le comte Romanzov. A une amabilité rare il joint une instruction telle sur notre littérature, sur notre histoire, sur tout ce qui nous concerne, qu'il est difficile de trouver un Français qui en possède autant »^

« A Moscou.,., témoigne M""" Vigée-Lebrun, le comte Boutourlin... est un des hommes les plus distingués que j'aie connus ; il parle toutes les langues avec une facilité prodigieuse... Il possédait à Moscou une bibliothèque immense, composée des livres les plus rares et les plus précieux dans les différentes langues^.

L'abbé Georgel est invité à descendre à la porte de Saint-Pétersbourg; un jeune officier, qui siégeait au bureau, sachant le français, sert d'interprète ^.

J'ai parlé tout à l'heure du sergent Bourgogne. Il a rencontré devant Moscou des officiers russes et un pope. Tous parlaient français ", etc.

Je voudrais terminer par une dernière remarque, c'est que tous ces gens, qui savaient si bien le français, étaient, au dire de certains témoins, fort peu capables de parler et d'écrire correctement le

t. Mémoires, t. I, p. 9i.

2. Le « général » Miranda, vénézuélien d'origine, a raconté sa longue visite en nussio. Il ne savait pas le russe et c'est avec le français qu'il se tira d'affaire et conversa avec une foule de gens. Il noti^ ceux avec lesquels il est obligé débrouiller son français de latin (voir Le Général Miranda en Russie. 1786-1787).

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