Il y en a même d'espagnols, ainsi chez Nicplouicv
faire chercher les médiky. Ceux-ci viendront avec divers instroumentr ei, s'ils n'usent pas de leur lanisett, ils donneront du moins des klisteij, que Molière a rendu obligatoires.
Il est bien entendu que cette farcissure, faite à plaisir, ne représente aucune réalité historique. Tout de même, de plus en plus, le mot étranger, français ou francisé, se faisait sa place, et se superposait, la plupart du temps, à un mot russe déjà existant, mais dont il était le concurrent distingué.
Cette invasion était inévitable. D'abord le Russe qui avait voyagé ou lu ne pouvait rendre en russe des choses et des idées inconnues'. Prenons pour exemple les mots d'art. Comme les Français avaient emprunté aux Italiens, les Russes devaient emprunter aux Français. Ils transcrivirent genre (^janr), paysage (^peïzaf), portrait (port/-et), nature morte (mertvaïa priroda'), etc.^. De l'organisation militaire à la « tenue » d'une loge, c'était toute une série de vocabulaires techniques à naturaliser^.
Dans la conversation même, comment se fût-on passé de ces ternies que l'usage du monde avait adaptés : coquetterie, galant P""
On pourrait, dans ces emprunts, faire plusieurs classes :
1" Mots qui ont paru au xviii* siècle et qui n'existent plus : abdikouet (il abdique; Cantemir, 1741, Lett. à l'emp. Iv. Antonoi>itc1i); aparté ÇLes Arc/iii>es du prince Kourakin, 1676-1727); approboi>at' (approuver; Cant., Lett. de Londres à l'imp. Anna, 1733); acouçur (à coup sûr, 1759, Soumarokov, Protest, contre l'ab. de mots étrang?)\ arestovaniye (arrestation, Cant., Lett. de Paris, 1741) ; attentzione (attention, Cant., Lett. de Londres^ ; aversiya (aversion, 1766, Von Vizin, Brigadier, acte 1, se. Y); bonsane (bon sens, cité par Soumarokov, Sup. des mots étrangers); capàbelna (capable, 1766, Von Vizin, Brigadier, acte I, se. I) ; distraktsiya (distraction, Cath. II, Lett. au Comte Orlot^, 1770) ; deçotsiya (dévotion, Cant., Lett. à l'emp. Iv. AntonovitcJi, 1741); eaplikiroi'at ! (expliquer, Arch. du prince Kourakin, 1676-1727); elec- Zo/'s^/je (électorales, Cant., Lett. à l'emp. Iv. Antonopitcli)', éloge (1759, Soumarokov, Protest, contre l'ab. de mots étrang.); festeine (festin, Rescr. de l'impér. Elisabeth au pr. Cantemir, 1742) ; jelousia
1. Dès l'époque de Pierre le Grand cette nécessité apparaît. Le comte Kourakin emploie les mots suivants en les russifiant: favorit, <jolf, conversazion, plaisir, divertissement, antiquila, capable, maciiliary.
André Matvéiev : tapely (tapis), livreya (livrée).
Comte Tolstoï : Iheatram, preporlia (proportion) (voir Pypin, o. c, t. III).