‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 410 sur 595 · iau. Expans. Art fr. niod., p. H(i · texte numérisé non relu

iau. Expans. Art fr. niod., p. H(i

3. Apprenti, vénérable, surveiller, profane. Ces mots remontent au temps d'Elisabeth, -i. Voir laslevin, o. c, p. 76.

(jalousie, Archives du prince Kourakin, 1676-1727); pensif ÇS oumarokov, Suppr. des mots élrang., 1759);

2" Mots qui ont été importés au xvui* siècle et qui sont encore en usage :

Akt (Imp. Cath. II, Rescr. au comte Orloç, 1770); apartament (appartement élégant, Gant., Lett. de Paris à l'imp. Anna Ivanovna^ 1739); attakouet (il attaque, Orlov, Lett. à Cath. II, 1770); avantiojira (aventure, Archives du prince Kourakin, 1676-1727); bombardirovat' (homhzràer, 1770, Cath. II, Rescr. au comte Orlov); blokirovat' (bloquer, Ib.); brochura (brochure, Cath. II, Instruct. au prince Soltjkov, 13 mars 178t); commertsiya (commerce, P' n" du I7e(io/«osZ/ de Moscou, 1756) ; co/^we/z^rt;/-/)- (commentaire, 1726, Journ. de l'Acad. des Sciences) ; copiya (copie, Lomonosov, Lettre au comte Chouvalov, 1753); contserte (concert, Trédiakovskv, trad. de Tallemont, Voy. à Vile d'amour, ou la clef des cœurs, 1730); curiosnyi (curieux, Viédomosti de Pétersbourg, 1748); delicatno (délicatement, Soumarokov, Suppr. des mots étrang., 1759); déserteur (Ib.) ; descente (Cath. II, Lettre à Orlov de 1770) ; dispositsiya (disposition, Ib.) ; dokument (document, Ib.) ; exempliar (exemplaire, Feuilles volantes manuscrites, 1703); équipage (C^nt., Lett. de Londres, 1732); fimiliarno (Trédiakovskv, trad. de Tallemont, 1730); garantiya (garantie, Cant., Lett. a l'emp. Iv. Antonovitch, 1741); ^o//pe/7?a/z/Aa (gouvernante, blâmé par Soumarokov, Suppr. des mots étrang.).

Il faudrait noter à part des mots qui se sont tout à fait naturalisés en s'avilissant, comme il arrive souvent aux mots étrangers. Parmi les plus curieux citons cher ami, et sortira

Premières protestations contre le macaronisme. — Dès le début, ce fut un lieu commun de railler la gallomanie. Avant Karamzin, Soumarokov, contemporain de Lomonosov, écrivit un Plaidoyer en faveur de la langue russe. 11 regrette qu'elle aille sans cesse s'altérant sous l'influence de vocables étrangers, et il demande la création d'une réunion savante et littéraire, dans laquelle on s'occuperait de la pureté de la langue russe.

En Russie comme ailleurs, des pièces de théâtre, surtout celles

1. L'expression cher ami (entendue proljablement par les domestiques de la part de Français prisonniers ou d'outchilels) a été adopté par les mineurs des monts Ourals pour désigner les maraudeurs qui viennent dérober la nuil du sable platinifère. Ce sont des « chéramyjniki y>.

Sortir désigne les cabinets. Ayant l'apparence d'un mot russe masculin, terminé en consonne dure, il se décline comme tel.

De même : paletot, devenu pailo en russe, du genre neutre.

de Von Vizin, ridiculisent la gallomanie. Le Général de Bri^^ade, qui est de 176o, fait déjà une satire de l'éducation française et des préjugés. L'auteur n'avait pas de la France une opinion très favorable. « Nous commençons, ils finissent », écrivait-il. Dans sa pièce il mit en présence « Jeunes et vieux Russes ». Ivan, ayant (( tout son esprit attaché à la couronne de France », quoique son corps appartienne à la Russie, ne peut pas manquer de semer ses répliques de « je m'en moque », de « galant homme » et d'une foule de mots, dont les équivalents existent en russe : respecter, parier, etc., mais dont il a contracté l'habitude en compagnie d'un cocher français qui a été son instituteur.

Novikov, le créateur de la librairie, dans les journaux qu'il dirigea: Le Bourdon, puis Le Peintre, exploita la même veine, et railla la manie imprudente de confier ses enfants à des « outchitielia » débarqués par masses, la plupart gueux dans leur pays, et sur lesquels on n'avait aucune information.

Le Sohéssiednik (l'Interlocuteur), sous la plume de la princesse Dachkov, reprochait aussi à ses compatriotes leur admiration aveugle à l'égard de tout ce qui était français '.

Catherine, elle-même, ne dédaigne pas de faire campagne contre les petits-maîtres qui, par snobisme, semaient leur conversation d'expressions françaises. Dans O Temps ! et dans la Fête de Madame Votchalkin, c'est Firlifiouchkova qui joue ce rôle ridicule. L'impératrice est, du reste, revenue à ce sujet dans les revues auxquelles elle collaborait. Après s'être moquée du jeune homme qui, pour avoir été en France, estropie mots et syllabes, prenant en dégoût sa langue maternelle, elle conseille non seulement de ne plus rien emprunter, mais de substituer aux mots étrangers déjà introduits des mots russes.

Mais, tant que l'influence de notre littérature classique resta prépondérante en Russie, aucune réaction sérieuse ne pouvait se marquer.

11 ne faut pas confondre réaction contre l'invasion du russe par le français, et réaction contre la connaissance du français. En 1733 une Société des amis de la langue russe est établie auprès de l'Académie Pétersbourgeoise. Trédiakovsky l'inaugure par un discours sur la pureté de la langue russe. Or lui-même rimait en français comme en russe ^.

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