‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 414 sur 595 · Tollin, 0. c, t. III, I, A, p · texte numérisé non relu

Tollin, 0. c, t. III, I, A, p

3. Sur les difficultés qu'ils avaient avec les indigènes, en raison de la langue, voir Tollin, o.c, t. I, p. 460.

Prenons le fait social par excellence, le mariage. Des unions mixtes avaient lieu, nous l'avons dit. Théoriquement la cérémonie se faisait en français, mais à condition cependant que cela fût possible. Nous avons là-dessus des détails qui prouvent qu'on n'obtient rien à vouloir empêcher l'inévitable. Le 3 février 1767, le pasteur français de Francfort-sur-l'Oder se résigne à marier en allemand un couple, le promis « n'entendant du tout point la langue française ». Il est vraisemblable que de pareilles concessions avaient dû se multiplier car, le 29 janvier 1780, le Presbytère, se montrant intransigeant, demanda au consistoire supérieur l'usage de l'allemand dans la célébration des mariages comme des baptêmes, et le 21 février 1780, il fut répondu que l'allemand ne serait autorisé que sur demande expresse et hors de l'église. Le résultat ne manqua point, les intéressés n'apprirent pas pour autant le français; ils se marièrent dehors. On a compté que, de 1776 à 1800, il y a eu trois fois plus de mariages célébrés hors de l'église que d'autres '.

Le français comme langue parlée. — Comme langue parlée, le français se maintint longtemps dans les chaires des églises". Lorsqu'il n'y fut plus employé, l'usage se conserva de faire entendre de temps à autre un prêche en français, que, jusqu'à nos jours, des descendants de Réfugiés se donnent la coquetterie d'aller écouter avec beaucoup d'Allemands de race. A Berlin, à Dresde, à Magdebourg, etc., je ne sais si cet usage est aujourd'hui tombé en désuétude ^; il y a en tout cas fort peu de temps, les offices se célébraient encore en français ^.

En Prusse et hors de Prusse, à la fin du xviii* siècle, ils commencèrent cependant en général à avoir lieu en allemand ^.

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