ïoUin, 0. c, t. I, p. 4G
2. Sur les derniers grands prédicateurs du Refuge Savous nous a donné une foule de détails (o. c, t. II, pp. ?t^r, et suiv.). Beausobre et Achard durent peut-être une partie de leur succès à leur extérieur et à leur « action « ; Pelloutier, l'auteur de l'Histoire iles Celles, était, comme de Franchevillc, surtout un homme de lettres, historien par prétention, Frédéric appelait vainement le successeur de Beausobre, dont il n'aurait, disaitil, jamais manqué le sermon.
S. Il existait encore dans les deux dernières villes en 1877.
i. Voici quelques exemples de ces survivances : A Wcsel, le culte français dura jusqu'en 4790 ; à Francfort-sur-l'Oder jusqu'en 1803 (Schickler, o. c, p. 68). A Lùbeck, il ne fut siqjprimé qu'en 1781 (Id., ib., p. 88). A Erlangen, ville toute française d'origine, l'allemand remplaça le français dans les offices en iHi"! seulement (Stursberg Joliannes, Die J'r. rcformirle Gemeindc in Erlangen, p. 27). A Ghrîstian-Erlangen la mesure date de 18 18 (Schickler, o.c, p. 7;}). A Otterberg, le dernier pasteur -wallon meurt en 1817, et l'église française se fond avec l'église allemande (J. Knecht, Die wallonische Gemeindc zu Otlerbenj, p. 20). A Walldorf, la substitution d'une langue à l'autre est de I81.T, date oîi quelques anciens seuls comprenaient encore le français (Robert et DiUmar, Die Wuldenser und ihre Colonie Walldorf. p. 18).
;i. En 17S7, Reclam, dans un vovagc à Leipzig, prêche encore en français et en allemand (Erman, El. de M. licclam. p.' 8, note).
De la conversation nous ne savons naturellement rien de général, et il est impossible de préciser à quelle date les Réfugiés cessèrent de parler leur langue maternelle.
C'est un grand signe d'assimilation que la germanisation des noms propres. Il est fort vraisemblable qu'elle ne vint pas des Réfugiés eux-mêmes, mais des Allemands qui leur parlaient. Toutefois le fait qu'ils acceptent le changement et qu'on trouve dans les actes Hennicke au lieu de Hannequin et cent autres, est un indice de grande valeur. Or, à certains endroits, cette accommodation commença de bonne heure'. Vers 1789 elle en était à peu près au point où elle en est aujourd'hui ^
Le changement de langue est parfois expressément motivé : « La plupart de vos pénitents comprennent mieux l'allemand que le français »', dit un texte; « bien peu de personnes savent le français » *, reprend un autre. Il est clair que, même où cette raison n'est point donnée, on peut la supposer hardiment. Un acte aussi décisif ne se produisait que lorsque le besoin l'exigeait depuis quelque temps déjà, et que de nombreux exemples venus d'ailleurs l'encourageaient. La rupture avec le passé ne suivait vraisemblablement que d'assez loin les mœurs.
1. Le livre de la communauté wallonne de Lambrecht contient 160 noms de colonistes, noms qui sontsouvent orthographiés d'après l'oreille. A partir de 1708, les indications ne sont plus faites en français, mais en allemand ; la plupart des noms wallons disparaissent, et il n'v a presque plus que des noms allemands qui remplissent les pages suivantes du livre de la communauté. A peine une douzaine des noms des 1.dO à 160 familles françaises de Lambrecht, se sont-ils gardés jusqu'à aujourd'hui. Néanmoins, dans toute la Bavière rhénane, on trouve encore environ ioO noms de familles françaises (Keiper, Franzusische Familiennamen in der Pfalz, pp. 11-12 et H6).
2. Au début, dit ToUin, les Français gardent leurs noms français, à tel point que Isaac Lafosse, tout en changeant de religion — de calvyiiste il devient luthérien — ne change pas son nom en Grube. Il n'y a que les gens très populaires qui sont obligés de laisser germaniser leurs noms, ainsi lebourguemestrede Péricard, les intendants le Clerc et Hennequin et le riche marchand de cuir et ami des pauvres de ^lauclerc, qui deviennent dans la bouche du peuple Plrkard, Klerike, Hennicke, Heunig et Munklcrg. Mais les choses tournent. Alors qu'entre 1686 et 1723 il n'y a que 2ou3pour 100 de noms allemands parmi les membres des colonies françaises, on en trouve déjà 20 pour 100 entre 1725 et 1730, et de 1730 à 1800 il y en a 30 pour 100. Au début les noms allemands étaient importés d'Alsace et de Lorraine, ceux de l'époque intermédiaire avaient été gagnés par la colonie au moyen de mariages ; ceux de la troisième époque sont des noms français germanisés. A partir de 1743, aucun Allemand admis dans la colonie ne se donne plus la peine de franciser son nom, et l'on trouve dans les listes françaises des noms comme Bardewisch, Berensdorff, etc. A partir de 1730, on se voit obligé d'indiquer les fils dos anciens Français avec leurs noms traduits et germanisés. Des l34 noms de Huguenots français qui figurent dans les listes de l'église française de Francfortsur-l'Oder entre 1686 et 1700, on n'en retrouve plus, 60 ans plus tard (1723-1730), que 21 ; et, entre 1730 et 1800, il n'en reste plus que 10, pour tomber à 3 en 1833. Les autres ne se sont point éteints, mais se sont germanisés (o. c, t. I, p. 461-462). A Clèves tous les noms français de la colonie disparaissent vers 1773 ; entre 1773 et 1791 il n'y a plus dans le presbytère que deux membres portant des noms français : le Gler et Finance (W. Bosken, Die franzôsische Gemeinde zu Cleve, p. 17).