I, pp. 406, 198, etc
Nous ne saurions donner ici le catalogue des fautes qu'il reprend, en distinguant avec soin celles qui proviennent de gens à peine initiés au français et celles qui n'auraient pas dû être commises par des Français d'origine, si leur langue n'était pas dégénérée. Plusieurs de ses observations : sur l'emploi du subjonctif et de l'indicatif après le verbe espérer et ses semblables (t. I, p. 73), sur les prépositions en et dans devant les articles des et de (t. I, p. 31), ne dépareraient point la collection des remarques où se complaisaient les grammairiens. D'autres, sur la manière de dater une lettre ou un écrit (t. I, p. 20), sentent les praticiens qui donnaient leurs recettes aux étrangers'.
Pour dire mon impression, tout cet ouvrage était peut-être destiné à préparer le succès des conférences publiques que Prémontval se proposait de donner sur la langue et la littérature françaises^. C'est de la publicité. Mais, si ses vues ont été intéressées, les critiques qu'il fait, avec textes à l'appui, ne nous fournissent pas moins certaines indications précieuses sur la dégénérescence dont le français était menacé.
D'autres s'appliquèrent à ces corrections, parmi lesquels Laveaux^ Mais le moyen de conserver intacte une langue placée sous tant d'influences troublantes et qu'on néglige en attendant qu'on l'abandonne ?
Le vrai rôle du Refuge. Emigrés professeurs. — Il est incontestable, ces réserves faites, et elles étaient nécessaires, que le rôle du Refuge fut très grand. D'abord les prêches français étaient dans beaucoup d'endroits le rendez-vous de la belle société, ainsi en Prusse*. A Berlin, plus d'une fois des prédicateurs en renom eurent non seulement le roi, mais la famille royale parmi leurs auditeurs'. Il en était de même dans d'autres Etats d'Allemagne, ainsi en Hesse '^.