‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 434 sur 595 · Voir Formey, Souven., t. I, p. d(iri-i · texte numérisé non relu

Voir Formey, Souven., t. I, p. d(iri-i

•4. A partir de 1740, les Mémoires devaient être exclusivement en français. Des membres q\ii, comme liuler, J. Ilcnr. Pott, écrivaient antérieurement en latin, se soumirent à la règle commune.

LES ÉVÉïNEMENTS DYNASTIQUES. EN PRUSSE 565

la langue même, l'abondance que nos progrès dans tous les arts et dans toutes les sciences y ont introduite, la facilité avec laquelle on peut s'y exprimer avec justesse sur toutes sortes de sujets, le nombre innombrable d'excellents livres écrits dans cette langue ».

De son côté Foimey écrivait : « On a substitué le français au latin, pour rendre l'usage de ces Mémoires plus étendu; car les limites du pays latin se resserrent à vue d'oeil, au lieu que la langue française est à peu près aujourd'hui dans le cas où était la langue grecque du temps de Cicéron : on l'apprend partout, on recherche avec empressement les livres écrits en français, on traduit en cette langue tous les bons ouvrages que l'Allemagne ou l'Angleterre produisent; il semble, en un mot, qu'elle soit la seule qui donne aux choses cette netteté et ce tour qui captivent l'attention et qui flattent le goût »'. On a tout droit de considérer qu'il a là un écho de Frédéric lui-même.

Pour les difficultés pratiques on prit du reste des arrangements. Ceux qui ne pouvaient pas lire en français se servaient du latin ou de l'allemand; on les traduisait ensuite ^ L'affaire était que leurs mémoires imprimés allassent à l'Europe ; le français les y porterait ^

Avant de juger ce « fait du prince », il faut donc considérer ses intentions. Qu'il entrât dans sa pensée quelque vanité, c'est possible, mais on peut soutenir qu'une noble ambition pour la Compagnie qu'il restaurait dominait les questions personnelles. Puisque, comme il l'avait écrit à Voltaire (juillet 1747), les savants allemands n'avaient d'autre ressource que d'écrire dans les langues étrangères, en faisant adopter le français il associait la première institution scientifique du Nord avec celles d'un pays qu'il considérait comme la patrie de la civilisation. En second lieu il assurait à l'œuvre des savants une large diffusion à travers le monde cultivé*.

1. Disc, sur lesdev. de l'académicien, dans Barthol., o. c, t. I, p. 172-173.

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