‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 435 sur 595 · Id., ib., t. I, p · texte numérisé non relu

Id., ib., t. I, p

3. <c Le Roi n'a jamais exige que les académiciens lussent leurs mémoires en François. II est de notoriété, qu'ils ont lu en allemand, ou en latin, lorsqu'ils l'ont voulu. Mais ce qui étoit de devoir, c'est que tous ces mémoires fussent traduits en françois pour être insérés dans les volumes de l'académie ; et il n'y a qu'à ouvrir ces volumes pour voir quels sont ceux qui ont été dans le cas. Il étoit d'ailleurs naturel, tant que M. de Maiipcrlais a été président, et a paru aux assemblées de l'académie, que ceux qui savoient un peu de françois écrivissent et lussent dans cette langue : ce qui a produit quelquefois des lectures très singulières par le baragoin des lecteurs. Il falloit ensuite également traduire ces mémoires, c'est à dire, les mettre dans un style supportable (Formey, Souven., t. I, p. 165-166).

i. Dans ses propres œuvres, la même pensée l'avait guidé. « Quoique j'aie prévu, dit-il, les difficultés, qu'il y a pour un Allemand, d'écrire dans une langue étrangère ; je

Enfin il simplifiait leur travail. « Par ce seul idiome, disait-il à ses confrères, vous vous épargnez quantité de langues qu'il vous faudrait apprendre, qui surchargeraient votre mémoire de mots, à la place desquels vous la pourrez remplir de choses ; ce qui est bien préférable..., vos idées se propageront d'une manière uniforme, et la vérité pénétrera par le même chemin dans tous les esprits »'.

Vienne, Dresde n'avaient pas d'Académies ; Munich etGœttingue en avaient, mais l'une était allemande, l'autre latine. Les Mémoires de Berlin, grâce au français, seraient accueillis partout, comme les volumes de V Encyclopédie.

Quoi qu'il en soit, on mesure facilement le prestige et l'autorité que devait donner à notre langue pareille institution fondée en pays étranger et l'action favorable qu'elle pouvait avoir pour lui assurer l'empire en Allemagne.

Ajoutons que le français donna lieu à diverses recherches dans l'Académie avant le célèbre Concours dont nous parlerons plus loin. Elles ne sont pas d'une grande importance. Ainsi le M'* d'Argenson, dans son Discours sur la nécessité d'admettre des Etrangers, s'arrête aux avantages que leur présence peut avoir pour le perfectionnement du français'. Citons parmi les Mémoires spéciaux les Réflexions de Beausobre sur les changements des langues ç>iç>anies par rapport à l'orthographe et à la. prononciation, qui sont une charge à fond contre la Réforme de l'Orthographe de Duclos (1757, p. 514). Thiébault (Dieud.) a étudié dans une série de quatre Mémoires, en 1771, la Grammaire générale de Beauzée. Il reprit le sujet en 1773. La même année il traita de la Prononciation. En 1774, il présenta des Observations sur la Grammaire et la langue ; en 1781 sur L'usage considéré comme maître absolu des langues. Toussaint traita Des indications qu'on peut tirer du langage d'une nation par rapport à sa culture et à ses mœurs (1767)^, Bitaubé étudie « pour-

me suis pourtant déterminé en faveur du français, à cause que c'est la langue la plus polie cl la plus répandue en Europe « (^Disc. prélim. des Mém. de Brandebourg).

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