J.-J. Olivier, o. c, t. II, p
3. Brachvogel (Geschichte des Kôniglichen Theaiers, t. I, p. -13-i'O, donne des pièces comptables relatives à ce corps de ballet, qui s'échelonnent du 16 mars au 26 décembre ; le danseur Saint-Romain figure encore dans une pièce du 16 niarsI68i.
trop à copier Louis XIV, pour ne pas avoir son personnel des Menus- Plaisirs. En 1706, il appelle la troupe Du Rocher, qui se trouvait à Tournay; ses membres seront considérés comme « officiers ordinaires de la Cour de Prusse » et devront jouer deux fois par semaine devant Sa Majesté; les autres jours ils pourront jouer pour le public de Berlin*.
La troupe Du Rocher devait être médiocre ; elle était composée des débris de la troupe Fonpré, qui venait de se disloquer en Belgique, et comprenait des acteurs comme Clavel, qui n'avait sans doute jamais joué en France, et qui n'y était probablement pas né. Cependant ces « Français de seconde zone » purent se maintenir, éliminer même tous leurs concurrents allemands -. En 1709, un des leurs fait réprésenter un à-propos de sa façon : V Impromptu des Bergers de Potsdam, en l'honneur des rois de Danemark et de Pologne ; l'année précédente il avait déjà célébré, dans le Triomphe de l'Amour et des Plaisirs, le troisième mariage de Frédéric P' avec Sophie-Louise de Mecklembourg-Schwerin. Mais cette fois son zèle fut mal récompensé. La nouvelle Reine était une piétiste rigoureuse : elle fit congédier les comédiens.
L'avènement de Frédéric-Guillaume en 1713 ne leur fut pas plus favorable : le Roi-Sergent ne s'intéressait guère au théâtre ; dans ce domaine, les marionnettes et quelques facéties de « Hanswurst » lui suffisaient. Mais le prince royal avait des goûts plus relevés. A défaut d'une troupe qu il ne pouvait entretenir, il eut, dans sa résidence de Rheinsberg, dont nous avons parlé, un petit groupe d'amateurs jouant des pièces françaises : Mithridate en 1736, Œdipe en 1737, U En fant prodigue et L'Ecole des amis en 1738, Edouard III et La Prude en 1740 ^
Installation d'une troupe régulière. — Devenu Roi le l^"" juin de la même année, Frédéric II manifeste bien vite le désir de rétablir une troupe française, puisque, dès le 26 juillet, un de ses agents lui recommande une actrice de La Haye. Pour le l"juin 1741, il engage la troupe de Jean Sauvé De la Noue, qui jouait alors à Lille ; mais l'engagement fut rompu au dernier moment : la guerre de Succession d'Autriche venait d'éclater ^.
La paix de Breslau est à peine signée que les négociations sont reprises. Le roi ne veut entendre parler que de répertoire français
i. J.-J. Olivier, o. c, t. II, pp. 8-10,