‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 440 sur 595 · Id., ib., pp · texte numérisé non relu

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et d'acteurs français : il a, paraît-il, décidé une fois pour toutes que les Allemands ne sont capables ni d'écrire ni déjouer quoi que ce soit de convenable \ Le public était-il du même avis? C'était, paraît-il, un public « obtus », dénué de sens littéraire, qui préférait peut-être les Français parce qu'ils boufFonnaient, mais qui aimait encore bien plus les acrobates et les pitres ".

Dans l'été de 1742, nous trouvons des acteurs français au service du Roi — Ils jouaient une fois par semaine, soit au palais roval, dans une salle élevée par Knobelsdorff, soit chez la Reine Mère, au château de Monbijou. Les journaux de l'époque mentionnent ces spectacles sans rien dire des artistes et des œuvres représentées. Une exception à ce laconisme regrettable : Die Berlinische prwilegierte Zeilung mentionne que, le 9 août 1742, Rhadamiste et Zénobie, la tragédie de Crébillon, fut donnée à la Cour. Les acteurs étaient peu nombreux et, à de rares exceptions près, fort médiocres. La plupart n'étaient que des danseurs de l'Opéra qui s'exerçaient tant bien que mal à jouer la comédie. Ils interprétaient passablement Molière et le répertoire du Théâtre italien... Comme le marquait Voltaire, la troupe comique du Roi différait de ses troupes guerrières ; elle n'était pas la première de l'Europe ^

Le marquis d'Argens fut alors chargé par le Roi d'en recruter une autre avec les meilleurs acteurs des troupes circulantes d'Allemagne et de France *. Le répertoire de la Comédie Berlinoise se composait principalement, cela va sans dire, des chefs-d'œuvre de Molière, de Corneille et de Racine, de Racine surtout, que le Roi adorait et savait par cœur. Cependant Regnard, Dancourt, Le Sage, Destouches, Gresset, La Chaussée, Boissy, Voltaire et Crébillon étaient aussi représentés souvent. Le nom de Marivaux paraissait moins sur les affiches La Cour de Prusse eut la primeur de quelques comédies Deux sont du Roi lui-même, la troisième du marquis d'Argens \

\. « Ein deutsches Schauspiol, sagt Schonemann als trauriger Propliet, werde in Berlin nicht aufkommen, weil Friedrich nun einmal das Vorurteil habe : kein Deutsclier kann etwas vernûnfliges sctirciben, kein Dculsctier Schauspieler kann vernûnftig spielen « (Hans Oberlânder : Die geistuie Enlwicklung der deutschen Schauspïelkunst, fasc. XV, des TheatergeschichtUche Forschungen, Hambourg, 1898, in-S", p. Hi).

2. « Das Publikum Deutschlands, musz man sagen, -war stumpf. Fiir litlerarische Bedûrfnisse batte es kein Geld ; fur die franzôsischc Komôdie etwas, fur Lustspringer dagegcn, Harlekinaden und Pantomime — viel ! » (Id., ibid.').

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