‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 44 sur 595 · Coll. Ribad., t. LVI, p · texte numérisé non relu

Coll. Ribad., t. LVI, p

tion de mots français même en parlant castillan. Ceci, on peut le dire, est devenu une mode, et ceux qui parlent purement sont considérés comme des hommes du temps des Goths,

11. L'utilité d'apprendre le français pour qui veut pousser plus loin que ce qu'on apprend à l'Université, ne semble pas contestable. 11 y a de bons livres français : le Dictionnaire historique de Moreri, le Dictionnaire géographique de Baudrand et Th. Corneille, VHistoire de l'Académie des Sciences. En théologie, Antoine Arnauld, Bossuet, Histoire des Variations, Exposition de la doctrine de V Église catholique sur les matières de controverse ; les Travaux sur l'Écriture Sainte de dom Calmet ; les Voyages de Tabernier, Tévenot et autres. Les journaux comptent aussi : Nouvelles de la République des Lettres, Mémoires de Trévoux, Journal des Savants, Bibliothèque orientale de Herbelot.

Ill-V. Malgré cela, la langue castillane ne le cède en rien à la française. Trois points sont à examiner : propriété, harmonie, richesse.

Pour la propriété, elle est moindre en espagnol, mais c'est la faute des auteurs et de leur amour pour l'affectation.

Pour l'harmonie, personne ne peut en être juge ; chacun trouve sa langue plus agréable. Peut-être peut-on soutenir que le français a une articulation plus douce ; mais cela dépend de l'organe et c'est encore un accident, si les Espagnols ont « l'air de souffler de la trompette ».

Pour la richesse (seul chapitre qui permette de juger objectivement des langues), le castillan est supérieur au français. Le chancelier Bacon dit déjà que rien en aucune langue ne traduit la désinvolture^ des politiques. L'emprunt de nation à nation se fait toujours. Mais pourquoi en user, là où il est inutile? de nombreux écrivains ont montre qu'en toutes matières le castillan se suffit... Moi-même, ajoute l'auteur, c'est pour prouver ce que je soutiens que j'écris ceci en castillan. Les vieux Espagnols ont résisté au punique, longtemps aussi aux Romains. Est-ce être dignes d'eux que de franciser inutilement ? Il n'y a lieu que d'emprunter accidentellement, comme cela se fait constamment d'un idiome à un autre. Et là-dessus Feijoô fournit un exemple de la manie des emprunteurs à toutes mains : « Une infinité d'Espagnols usent du mot j-einarcable àis^nX, : es un suceso remarcable. Ce mot français ne signifie ni plus ni moins que le mot castillan notable, de même que le mot remarque, d'où vient remarquable, ne signifie ni plus ni moins que l'espagnol /îoto, d'où vient /îoto^/e. Etant donné donc que le mot

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