‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 446 sur 595 · Inklaar, Bacul. d'Arnaud, p · texte numérisé non relu

Inklaar, Bacul. d'Arnaud, p

0. J.-J. Olivier, o. c, t. III, pp. 1-8. La comtesse de Sabran, réfugiée à Rheinsberg,

du château s'était presque entièrement renouvelé et le théâtre avait passé entre les mains d'acteurs de profession. Les spectacles y continuaient ; ils durèrent jusqu'à la mort du prince Henri, en 1802.

D'autre part, à Berlin même, si la grave tragédie française ou la fine comédie n'enthousiasmaient pas la société prussienne, l'opérelte avait un grand succès auprès d'elle pour les mêmes raisons qui faisaient le succès des chansons grivoises et des contes légers. Les comptes rendus et les annonces des journaux, même allemands, font foi qu'à Berlin on lisait J.-B. Rousseau, Gresset', Crébillon fils, Collé, beaucoup plus que les philosophes. De même on joua Sedaine, Favart, Marmontel, Anseaume plus que Molière. Moncrif fut le poète que les Allemands lurent et aimèrent le plus. Et le français de cet ordre de productions, alerte, badin, spirituel, représentait aussi une forme du génie du temps. La vogue qu'il eut ne saurait être négligée. Longtemps après que Lessing eut gagné sa cause dans sa campagne contre la tragédie française classique, l'influence de l'opérette et de la chanson légère subsista. Il en naquit une école d'opérette et de chanson allemandes. Christian-Félix Weisse fut l'adaptateur le plus aimé des opérettes françaises et anglaises; Schickler, Michaelis, Eschenburg, Engel isolèrent davantage de l'opérette les airs propres à se répandre et ainsi se développa la chanson burlesque allemande, dont Biirger, dans sa première période, nous a donné des spécimens célèbres. Il y a là quelque chose qui procède de nous.

Conclusion générale sur la Prusse. — Il est temps de conclure. On a souvent cité les lettres où Voltaire dit son étonnement : a Je me trouve ici en France. On ne parle que notre langue... En qualité de bon patriote, je suis un peu flatté de voir ce petit hommage qu'on rend à notre patrie, à trois cents lieues de Paris » ^. « La langue qu'on parle le moins à la Cour, c'est l'allemand. Je n'en ai pas encore entendu prononcer un mot. Notre langue et nos belles-

en 1791, écrit : « Deux fois par semaine nous avons d'excellentes représentations théâtrales... On donne les meilleures pièces du théâtre français » (Id., ib., t. III, p. 2o).

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