‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 468 sur 595 · Ead.,0. c, p · texte numérisé non relu

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4. Voir Kritische Sylphe, 1734, dans Bett. Strauss, o. c, p. 81.

o. Voir Loen, Kleine Schriflen, t. II, p. 66, dans B. Strauss, o. c, p. 37.

nous attaquait, un autre: Le Français à l'Election \ nous défendit. Un des personnages de la pièce conclut pratiquement : Plus les Français dépensent, plus les Allemands gagnent; il n'est pas besoin de prendre la plume pour en faire le calcul.

Il faudrait mentionner à ce propos l'accroissement des relations commerciales avec la France rendues plus faciles par diverses mesures réciproques ^.

Si nous avons insisté un peu longuement sur ces faits, c'est qu'ils nous fournissent un exemple de l'effet produit par ces ambassades chargées de montrer le prestige de la France, auxquelles, non sans rancune, font allusion plusieurs des concurrents du Concours de 1782, et qui, incontestablement, contribuèrent pour une part à l'ascendant de la France. Toutefois, il en est peu, il faut le dire, qui aient eu l'éclat et l'action de celle-ci, envoyée au cœur de l'Empire, au moment même oîi y étaient rassemblés les représentants autorisés des Etats allemands.

Je passe rapidement sur l'engouement qui s'ensuivit. C'est le même que partout ailleurs, les modes françaises envahissant et transformant toute la vie sociale et individuelle. « Non seulement on s'habille à la française, s'écrie der Krltische Sylphe, dès 17S4, mais on mange, on boit, on marche, on reste debout, on se couche, on danse, on prise, on fume, etc., tout à la française » ^ Dans un autre journal, nous trouvons un petit article satirique, intitulé Essai d'un Dictionnaire, dans lequel les Allemands sont caractérisés ainsi : « Ils ont perdu leur caractère national, ils ont honte de leurs mœurs, de leurs coutumes, de leurs modes, de leur langue, de tout, sauf de leur fortune. Ils sont engoués de tout ce qui n'est pas allemand. Ils imitent tout ce qu'ils voient faire aux étrangers, pensent ce que ceux-ci ont pensé, etc. A leurs yeux un homme n'est honnête et bien élevé que s'il a été à Paris. Ils envoient leurs fils en France pour les voir devenir de pitoyables imitateurs des Français » *.

Parler français devient un genre ^; on se réunissait pour jouir de ce plaisir comme pour boire ou fumer. A défaut de feuilles françaises locales, on lit les journaux de Paris.

1. C'est cette pièce qui a été traduite en allemand sous le titre de Der Franzose, et que Bclouin a ropubllée comme un original,

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