‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 469 sur 595 · Ead., 0. c.p. 220, app. 5.H · texte numérisé non relu

Ead., 0. c.p. 220, app. 5.H

o. Déjà, dans les Ainu.<emenls littéraires, journal français paraissant à Francfort en 4738 cl 1789, un Français vivant dans la ville se plaint de ce que ses compatriotes n apprenaient pas de langues étrangères, tandis que, dani sa nouvelle patrie, non seulement les nobles, mais aussi des gens simples «et même les femmes » parlent le français.

Sur la demande de plusieurs personnes distinguées et de la noblesse, le traiteur Johann Michael Lerpsch, dans la Federgasse, mettra sa grande et belle salle au service d'une société française (franzôsisches Colleg). Elle sera ouverte tous les jours de quatre à huit heures, pour tous les amateurs de la langue, quel que soit leur état. En même temps, un professeur de langues sera à la disposition du public pour tous les renseignements dont il pourra avoir besoin '.

Le français parait seul digne qu'on lui confie son idéal et ses sentiments intimes. Même si on ne voit dans la correspondance française de Goethe et de sa sœur qu'un simple exercice, pourrionsnous expliquer de même l'usage de cette langue dans le journal de Gornélia, rédigé pour son amie Katharina Fabricius? Et le fait que Senckenberg, malgré son aversion pour tout ce qui est français, écrit, dans son journal, un si curieux mélange d'allemand, de latin et de français, comment l'expliquer, si ce n'est que lui-même ne peut s'empêcher de s'exprimer dans cette langue?^

Les philosophes, les savants français avaient une action très forte; on les lisait à l'allemande, c'est-à-dire en les méditant. Même leur caractère, souvent irréligieux, n'en détournait point. Goethe vit brûler un livre français, l'édition d'un roman du genre comique où l'État était ménagé, mais non la religion et les mœurs. Les Francfortois s'arrachaient les feuilles qui s'envolaient; on poussa même un exemplaire de côté, et cette exécution fut un vrai succès pour l'auteur^.

Mieux ou pis que cela. Le français pénètre l'allemand local, où s'introduisent des termes qui se sont longtemps conservés : Dosehr (douceur :^ pourboire), Condewitt (conduite), dutzwitt (tout de suite), Barbleh (parapluie), Schaivell (escabeau), etc. ^. Laquais, valets, bonnes d'enfants, employés de commerce, sans parler des gouvernantes, ne se placent qu'à condition de savoir le français. A trente ans de distance, M""* de Staël dira qu'à Francfort tout le monde parle français. C'était la tradition qui se perpétuait'.

Quant au théâtre, si nous mettons de côté quelques représentations anciennement données à l'occasion des foires'% nous pouvons dire que l'installation du théâtre français ne fut définitive qu'en

i. Frag- und Anzeiijuwjs Naclirichtcn, ^l'I novembre 1763, dans Bett. Strauss, o. c,

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